jeudi 17 novembre 2016

2014 Iles britanniques

Mardi 2 septembre 2014

Partis dimanche de St-Apollinaire-de-Rias, en Ardèche, Viviane et moi avons dormi cette nuit dans un camping à Houplines (département du Nord) près de la frontière belge, dans notre fourgon camping-car Ducato.                                                                                                          
Nous faisons route vers le Pas-de-Calais jusqu’à la côte d’Opale. Nous mangeons dans le Ducato juste au-dessus des falaises du cap Gris-Nez. Ce cap forme, avec le Cap Blanc-Nez situé 10 km plus au nord, le Grand Site des Deux Caps, labellisé Grand Site de France depuis 2011. C'est une falaise de 45 m de hauteur qui, située à seulement 34 km de Douvres, constitue le point du littoral français le plus proche de l'Angleterre. Les deux caps conservent les séquelles de guerre des conflits de 14-18 et de la Seconde Guerre mondiale. Nous parcourons à pied quelques points de vue sur le GR du littoral (GR 120).


Par la suite, nous nous baladons au bord de la mer sous les falaises escarpées, constituées de craie et de marne, du cap Blanc-Nez. Viviane ne résiste pas au plaisir d’arpenter la plage, les pieds dans l’eau. 


Nous atteignons Calais dans l’après-midi. Quelques migrants errent sous les grillages et les barbelés du port, attendant une improbable occasion d’embarquer vers l’Angleterre.
Nous attendons sur un parking au terminal des ferries jusqu’à 19h. Nous embarquons à 19h55. Un soleil couchant rougeoyant illumine le port.


Nous traversons la Manche en ferry. On change des euros contre des livres sterling et on mange sur le bateau. Pour moi, ce sera un « fish and chips ».
Nous atteignons Dover (Douvres), au ROYAUME-UNI à 20h40 (heure locale) après 1h30 de traversée.
Il fait nuit lorsque nous débarquons. Première difficulté : rouler à gauche de nuit avec une voiture française. Deuxième problème : trouver un endroit où passer la nuit. Nous roulons jusqu’à Sandwich (comté de Kent). Le Guide du Routard a beau nous indiquer un camping, il est fermé lorsque nous l’atteignons.
Après quelques allers-retours, nous nous décidons à stationner sur un parking de ville à 22h10.

Mercredi 3 septembre 2014

Au matin, je découvre le petit port près duquel nous sommes stationnés et le parc où les citadins viennent faire du jogging et promener leurs chiens.
Après le petit déjeuner dans le fourgon, nous roulons jusqu’à Canterbury, belle ville médiévale bâtie autour de sa cathédrale.  

















Parcourant la ville à pied, nous gagnons la cathédrale. Construite à partir de 1070 et terminée cinq siècles plus tard, elle est le siège de l’église anglicane. L’archevêque de Canterbury est la première personnalité religieuse de l’église d’Angleterre et partage officiellement le pouvoir avec la reine, l’Eglise et l’Etat n’étant pas séparés.
Impressionnante cathédrale où tous les styles fusionnent étrangement : crypte romane, nef de style gothique anglais, cloître et salle capitulaire… Entrée payante toutefois…




Nous déambulons dans les ruelles médiévales à l’architecture si particulière et autour des rives fleuries de la Stour.



Regagnant le Ducato, nous nous mettons en route pour traverser l’Angleterre par les autoroutes, contournant Londres et Birmingham. Les autoroutes sont gratuites et donc très fréquentées mais beaucoup moins stressantes qu’en France. La vitesse est limitée à 70 miles (112 km/h) et les Britanniques sont très courtois au volant.
Dans la soirée, nous quittons l’autoroute pour nous diriger vers Chester, au nord-ouest de l’Angleterre dans le comté de Cheshire. Vers 18h15, nous trouvons un agréable petit camping à la ferme au milieu des champs, conseillé par le Guide du Routard.



On a la possibilité, grâce à une liaison wifi, sur un banc devant la ferme, d’entrer en contact par webcam avec Alexia et ses filles. Viviane prend en photo d’impressionnantes courges cultivées en bordure du pré.



Jeudi 4 septembre 2014

Quittant le camping, nous allons passer la matinée à Chester, une des cités les plus pittoresques d’Angleterre avec ses remparts et ses belles maisons à colombages.


Tout d’abord, visite de la cathédrale : édifice gothique en grès rose local qui adoucit l’aspect un peu massif de l’ensemble. 


A l’intérieur, de très belles stalles ouvragées et un fabuleux buffet d’orgue. Cerise sur le gâteau, l’organiste est là, qui entame un morceau de musique sacrée amplifiant la majesté du lieu…


Par la suite, nous nous promenons au cœur de la ville, « The Rows ». C’est un quartier de galeries commerçantes couvertes aménagées dans de hautes maisons à colombages.
La plupart des façades néo-gothiques ne datent en réalité que du XIXe siècle, mais cet aspect médiéval donne tout son cachet à Chester


41 ans après mon premier passage en auto-stop avec Patrice, je ne reconnais plus rien. En 1973, nous dirigeant vers l’Irlande, nous avions dormi sous tente dans un parc public.

Quittant la ville, nous roulons ensuite jusqu’à Heysham (Lancashire), port de la mer d’Irlande. A partir de 12h30, nous stationnons sur un parking du terminal des ferries. Nous patientons en mangeant dans le fourgon puis en jouant au rummikub.
A 14h15, départ du ferry à destination de l’île de Man.
En cours de traversée, le bateau longe un parc éolien en mer : 102 éoliennes offshore au large de l’île de Walney, constituant la plus grande ferme éolienne offshore du monde sur une superficie de 73 km². 


17h45 : arrivée dans l’île de Man, état autonome dépendant de la Couronne britannique, en plein cœur de la mer d’Irlande, entre Grande-Bretagne et Irlande.

L’île de Man forme une dépendance de la Couronne britannique, c'est-à-dire que l’île n'appartient ni au Royaume-Uni ni à l’Union européenne mais relève directement de la propriété du souverain britannique, actuellement la reine Élisabeth II, qui agit en qualité de « Seigneur de Man ». Ce statut n’en fait pas un État reconnu indépendant, mais l'île dispose d’une large autonomie politique et économique, à l’instar des îles anglo-normandes Jersey et Guernesey.

Nous débarquons à Douglas, la capitale. Cherchant un endroit où passer la nuit, nous prospectons dans les environs de la ville puis traversons l’île d’est en ouest jusqu’à Peel. L’île de Man est relativement grande (572 km2, 53 km de long sur 21 de large) mais peu élevée avec  621 m  d’altitude maximale au Snaefell. L’archipel est peuplé d’environ 80 000  habitants dont un tiers vivent dans la capitale.
On s’installe à 19h au Peel Camping Park. C’est un vaste espace herbeux sans arbre où nous  sommes presque seuls.

Vendredi 5 septembre 2014

On est réveillé par des goélands criards omniprésents.
Depuis le camping, nous nous dirigeons à pied vers le centre de Peel. Promenade dans les ruelles étroites de cette belle petite ville aux devantures en bois, jusqu’au port de pêche.





C’est là que nous observons des phoques gris (Halichoerus grypus) qui nagent dans le port.



















On en trouve partout sur la côte, essentiellement aux alentours du château de Peel.
L’ile de Man est un des meilleurs endroits de la planète pour observer phoques gris, dauphins et l’impressionnant requin pèlerin, le deuxième plus grand poisson au monde, inoffensif géant qui se nourrit de plancton.
Par la suite, à partir de 10h, nous visitons le château de Peel, sur St Patrick’s Isle.
Du fait de sa position au centre des îles britanniques, l’île de Man a été envahie à plusieurs reprises, chaque envahisseur ayant laissé sa marque. Les preuves des invasions des Celtes et des Vikings sont visibles partout sur l’île.
Le château de Peel, l’un des principaux monuments historiques de l’île de Man occupe à lui tout seul le site de l’île de St-Patrick, reliée par une chaussée. Le château a essentiellement une fonction défensive et a été construit à l'origine pour se prémunir des attaques venues de la mer. Le site du château de Peel est occupé depuis la préhistoire. Dès le VIe siècle, le lieu fut voué au culte chrétien. A la fin du VIIIe siècle, les Vikings s'y établirent, puis, lorsque Godred Crovan, roi de Man, unifia le royaume de Man et des îles Hébrides, le château devint le siège du pouvoir mannois. Lorsque  la Couronne d'Angleterre reprit le pouvoir sur l'île en 1765, le château fut abandonné et tomba progressivement en ruine jusqu'au milieu du XIXsiècle.
Nous parcourons ces magnifiques ruines engazonnées, dans un cadre paisible : le château entouré d'un rideau d'enceintes, l’église Saint-Patrick sise en ses murs et la Tour ronde, érigées à partir du  XIe  siècle, la cathédrale St German du XIIIe siècle et les appartements des seigneurs de l'île de Man. 





La matinée touche à sa fin, un groupe de touristes arrive, rompant ce bel équilibre. Il est temps de quitter les lieux !
On parcourt la ville en sens inverse sans omettre de passer à la Poste et acheter des timbres pour l’ami Serge. L’île de Man émet ses propres timbres, frappe sa propre monnaie, la livre mannoise, en parité avec la livre sterling qui est d’ailleurs acceptée librement partout.  Elle possède son propre drapeau avec son curieux triquètre d’origine celtique, restauré en 1971 ; et les voitures arborent une plaque internationale spécifique : GBM. 


Les langues officielles sont l’anglais et le mannois, une langue celtique proche du gaélique écossais, en péril, symbolique et que l’on essaie de faire revivre. L’île de Man fait aujourd'hui partie des six nations celtiques (avec l'Irlande, les Cornouailles, la Bretagne, l'Écosse et le pays de Galles) reconnues par le Congrès celtique et la Ligue celtique.
On passe également à la cathédrale actuelle, la seule de l’île, qui date du XIXe siècle ; puis on rejoint le camping.

Dans l’après-midi, nous entreprenons un voyage vers le nord de l’île par la côte ouest. Curieusement, en dehors des agglomérations (30 miles/heure), il n’y a pas de limitation générale de vitesse. De toute façon, il est difficile de rouler vite. Les routes sont souvent étroites, bordées d’arbres, de murets ou de haies.
Inévitablement, nous empruntons une partie du circuit où se déroule début juin le Tourist Trophy (T.T.), une célèbre course de moto. Une fois par an, l’île vit pendant quinze jours au rythme de la plus grande course sur route au monde. C’est en 1904 que le Parlement mannois autorise la fermeture des routes pour que puissent se dérouler des courses, les lois sur la liberté de circulation des personnes en Angleterre y interdisant de fermer les routes.
Effectivement, tous les endroits dangereux, murets, arbres, poteaux, panneaux directionnels, sont recouverts toute l’année de protections pour atténuer les chocs en cas d’accident, car ce circuit est le plus dangereux au monde. Autant dire qu’il vaut mieux ne pas visiter l’île à cette époque. Les concurrents traversent villes et villages à des vitesses insensées. De plus tous les ferries sont pleins et les campings occupés par des cohortes de motards. Mais des voix commencent à s’élever pour faire cesser cette absurdité…
Nous effectuons un premier arrêt à l’église de Jurby, où une exposition en mémoire de la Première Guerre mondiale relate la participation des Mannois à ce conflit.
Sur la côte nord, nous faisons une incursion dans la réserve naturelle d’Ayres, vaste zone de dunes et de landes avec une faune et une flore fragiles et protégées. Les dunes de sable du littoral sont stabilisées par l’herbe marram, ce qui permet à d'autres espèces végétales de se développer.


Les landes présentent une magnifique palette colorée du jaune des genêts et des ajoncs ainsi que du pourpre des bruyères.


Un centre pour visiteurs est ouvert sur le site, avec une exposition et des documentations sur la faune et la flore de la réserve.
Par la suite, nous nous rendons au phare de la pointe d’Ayre, à l’extrême nord de l’île.



Trajet par la côte est jusqu’à Laxey.
La Grande Roue de Laxey est sans doute le site le plus connu de l’île. C’est une roue hydraulique construite en 1854 pour pomper l’eau des mines de plomb et de zinc. Seulement, il est plus de 17h et le site est déjà fermé. On se contente de l’admirer de l’extérieur.


Retour à Peel par le centre montagneux de l’île. L’altitude a beau être modeste, nous avons l’impression d’être en pleine montagne, d’autant qu’un brouillard épais stagne sur les sommets. On rencontre des moutons qui vaquent en liberté sur la route. Viviane tente d’apercevoir des moutons à quatre cornes, mais en vain. Le mouton loaghtan est une race typique de l’île de Man dont la caractéristique est de posséder deux paires de cornes. Les Mannois font beaucoup d’efforts pour la préserver d’autant qu’elle est parfaitement adaptée au climat local par sa rusticité.
Nous sommes de retour au camping pour 20h.

Samedi 6 septembre 2014

Ce matin, c’est vers le sud de l’île que nous nous dirigeons, par des routes étroites bordées de haies de fuchsias.


Belle vue sur la baie de Port St Mary dans la descente d’un petit massif montagneux.


A Port Erin, petite promenade à pied sur le site du sentier côtier de Bradda Glen où des falaises abruptes tombent jusque dans la mer.  Paysage magnifique.
A Castletown, balade sur un mignon petit port, dominé par sa forteresse où flotte le drapeau mannois.



Dans l’après-midi, nous gagnons Douglas, la capitale de l’île de Man.
Dans les années 1960–1970, le tourisme en provenance des îles Britanniques commença à péricliter, en partie à cause de l’essor de l’aviation civile et de l’attrait nouveau exercé par l’Espagne. Le gouvernement mannois réagit à cette situation en faisant de l’île un paradis fiscal. L’économie de l’île est principalement basée sur l’accueil de sociétés étrangères favorisées par un régime fiscal avantageux.
Le centre de la ville est essentiellement constitué par le front de mer, longue promenade côtière de 2,8 km


Sa curiosité, c’est le tramway hippomobile. Remontant à l’époque victorienne, les trams de Douglas sont les derniers trams à chevaux du monde qui opèrent encore aujourd’hui.
Nous attendons l’arrivée de l’un d’entre eux à la station du terminal maritime.



Le tramway sur rail est tiré par un cheval le long du front de mer. Son trajet relie le terminal maritime côté sud au terminus du chemin de fer électrique côté nord. C’est une expérience peu commune !
Lorsque les chevaux arrivent à la retraite, ils passent le reste de leur vie dans un sanctuaire pour vieux chevaux, juste en dehors de Douglas.
De retour à notre station de départ, nous parcourons les rues latérales de la ville qui ne présentent pas grand intérêt. Nous visitons le musée mannois « Manx museum ». Très complet, il abrite l’héritage celtique, viking et médiéval et couvre l’histoire naturelle, sociale et politique de l’île.
Une anecdote : un gardien raconte à Viviane que l’origine du chat Manx (une race de chat originaire de Man caractérisée par son absence de queue) est le fruit du croisement d’un chat et d’un lièvre. Vu l’allure du chat avec de fortes pattes postérieures, Viviane est toute prête à accepter l’explication !
Nous avons l’occasion aussi de voir à quoi ressemble le mouton loaghtan, étant donné que nous n’en avons pas aperçu dans la nature.


On fait une pause dans un bar, dans le quartier du terminal maritime. Pour moi, ce sera une guinness. Quant au jus de fruit de Viviane, c’est un commerçant voisin qui nous l’amène. Apparemment, ce n’est pas une boisson très demandée !


Nous embarquons pour l’Irlande à 19h30.
Sur le bateau, on liquide nos livres mannoises, car au Royaume-Uni, elles ne sont pas acceptées. La traversée dure 4h45, on en profite pour manger …

Dimanche 7 septembre 2014

…A 0h15, le bateau atteint le port de Belfast, en Irlande du Nord, entité du ROYAUME-UNI.
Il pénètre dans la baie, longeant la devanture illuminée, habillée de 3000 plaques d’aluminium, du « Titanic Belfast ». C’est un gigantesque espace inauguré pour le 100e anniversaire du lancement du Titanic, construit et mis à l’eau à quelques pas de là.
En débarquant, il nous faut d’abord sortir de la ville, en pleine nuit, sans trop savoir où nous allons. Nous roulons jusqu’à Newtonabbey à la recherche d’un endroit pour dormir. Finalement nous stationnons à 1h30 sur un parking public désert devant un cinéma.
Ce sont les éboueurs qui nous réveillent…

Quittant le parking, nous empruntons la route côtière des « glens of Antrim ». Pittoresque côte sur la mer d’Irlande que rejoignent neuf vallées verdoyantes : jolis panoramas, charmants villages et superbes plages. Quant à la côte nord, ce sont des points de vue spectaculaires avec des châteaux en équilibre sur les falaises et des plages immenses.


Dans l’après-midi, nous nous rendons à la Chaussée des Géants, le plus célèbre site d’Irlande du Nord. D’origine volcanique et vieille de plusieurs dizaines de millions d’années, c’est une impressionnante curiosité naturelle inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco. Quelques 40000 colonnes de forme polygonales et surtout hexagonales s’agglutinent en blocs compacts. La régularité de leur disposition est si parfaite qu’elle semble avoir été provoquée par la main de l’homme.
L’entrée est payante. Il faut descendre à pied jusqu’au site par un chemin goudronné (possibilité de navettes). L’inconvénient, c’est que nous sommes dimanche après-midi et qu’il y a un monde fou. Entre singeries et pitreries des touristes qui se photographient mutuellement, entre les affligeantes photos de pose que prennent les Chinois et les Japonais, je parviens tout de même à faire quelques clichés, mais il faut faire vite !


















De retour aux environs de Belfast, nous nous mettons en quête d’un camping que nous avions déjà cherché cette nuit. En vain ! Nous nous arrêtons vers 18h30 dans un « Caravan Park » à l’entrée de la péninsule d’Ards, sur la côte de la mer d’Irlande. Il s’agit surtout d’un village de mobil-homes. En ce qui concerne les emplacements pour camping-cars, il n’y a quasiment personne.

Lundi 8 septembre 2014

Aujourd’hui, nous allons visiter Belfast. Nous laissons le Ducato dans un parking gardé, non loin du centre.
Nous parcourons la ville à pied. Je ne reconnais plus rien de mon passage avec Patrice en 1973. Le pays était alors en pleine guerre civile, et il y avait des ruines partout…
On atteint City Hallsiège du premier parlement d’Irlande du Nord en 1921. Vu de l’extérieur, le bâtiment est d’un classicisme discutable. A l’intérieur, un grand hall en marbre, une coupole, un grand escalier d’honneur et la charte accordée à la ville par Jacques Ier en 1613 ainsi qu’un remarquable “mural”.
On poursuit nos pas vers St Anne’s cathedral. Construite en style roman, elle a connu beaucoup d’ajouts. Le dernier en date est sa flèche d’acier spectaculaire baptisée “the Spire of Hope”. Entrée payante, encore. On ne s’attarde pas !


On se dirige maintenant vers « West Belfast » qui englobe une majorité de quartiers catholiques et le quartier protestant de Shankill.
L’entrée dans Shankill annonce la couleur. Drapeaux de l’Union Jack, bordures des trottoirs peintes en bleu-blanc-rouge aux couleurs du Royaume-Uni, le tout très provocateur.

















Nous prenons un repas dans un petit resto dans le quartier de Shankill.
L’après-midi, nous parcourons le quartier loyaliste dont la plupart des rues se terminent en cul-de-sac devant un mur tristement célèbre, la « Peace Line ». C’est un euphémisme ! Un véritable « mur de Berlin » qui sépare les communautés protestante et catholique depuis les années 1970-1980. 



Pour le moment, les deux communautés ne sont pas parvenues à se débarrasser de cette verrue malgré la fin des « troubles » en 1998. Les deux seuls passages autorisés se font par des portes aux battants blindés, ouverts toute la journée, mais qui peuvent encore être refermés certains soirs de tension particulière (notamment lors des parades orangistes où les extrémistes protestants célèbrent encore tous les ans une bataille remportée en 1690 par Guillaume d’Orange contre le roi catholique Jacques II).


De l’autre côté, c’est le quartier catholique des Falls. Ambiance totalement différente.
Un mémorial perpétue le souvenir des membres de l’IRA et des civils catholiques morts pendant les « troubles ». [A noter qu’un drapeau palestinien flotte aux côtés du drapeau irlandais.]


Il ressort de ce quartier un puissant sentiment identitaire qui s’inscrit sur les saisissantes fresques qui jalonnent les rues. Le phénomène artistique et politique des « murals » éclata vraiment du côté républicain au moment des grèves de la faim de 1981. Ils exprimaient la solidarité avec les grévistes qui luttaient pour leur reconnaissance politique. A noter que ces fresques ont fait leurs la cause d’autres peuples opprimés comme la Palestine.




Sur le flanc du siège du parti républicain Sinn Féin, on reconnaît le célèbre mural de Bobby Sands, le plus connu des grévistes de la faim.


Nous quittons Belfast vers 15h, direction Omagh pour nous arrêter vers 16h dans un camping au pied des « Sperrin mountains ». Indiqué par le Routard, il se situe dans un agréable cadre boisé, avec un ruisseau en contrebas. Il n’y absolument personne, pas même à la réception. Nous avons l’impression d’être en pleine nature. Toutefois le gérant viendra bientôt encaisser la nuitée.
Dans la soirée, lors de ma promenade habituelle, je suis intrigué par de la musique provenant de bungalows semblant abandonnés, aux abords du camping. En fait, il s’agit d’un policier rassemblant des éléments, au son de la musique de son véhicule. Comme je ne sais pas trop répondre à sa demande,  il comprend vite que je suis un touriste de passage. Un peu plus tard, lors d’une promenade dans la forêt, j’aperçois plusieurs personnes qui prennent des mesures. Probablement un cambriolage ou du vandalisme dans ces bungalows inoccupés…

Mardi 9 septembre 2014

Quittant le camping, nous empruntons un itinéraire qui nous conduit au travers des Sperrin mountains, un petit massif montagneux aux altitudes modestes. Entrelacs de petites routes qui sinuent au milieu de pâturages et bosquets apaisants puis de landes désolées et de tourbières austères.
Nous atteignons Derry dans la matinée. Sur les panneaux directionnels d’Irlande du Nord, il est indiqué « Londonderry ». Ce « London » a été ajouté en 1613 par les corporations de Londres pour humilier les Irlandais.
On se gare sur la rive gauche de la river Foyle. Je reconnais vaguement le Craigavon Bridge, le pont double en poutre en treillis qui franchit la rivière et, de l’autre côté, la colline où Patrice et moi avions passé une nuit sous tente en 1973.
Nous montons à pied vers la vieille ville. Entourée de remparts, c’est le seul exemple d’enceinte fortifiée complète en Irlande. Les murailles sont percées de sept portes et entrecoupées d’imposants bastions. Occupées jusqu’en 1994 par les soldats britanniques, elles sont actuellement un lieu de promenade qui livre d’intéressants aspects de la ville. Parcourant les rues, on arrive inévitablement sur la place centrale, The Diamond, où trône un pompeux mémorial. On passe à Saint Columb’s Cathedral, première cathédrale protestante construite en Irlande. C’est un haut-lieu symbolique des loyalistes.
A midi, au pied des remparts et à côté du   « Guildhall », hôtel de ville de style gothique mais qui date de 1887, on prend un repas rapide dans un café. 


On se dirige vers les remparts ouest qui dominent le quartier catholique et rebelle du Bogside.
On descend rapidement vers le cœur du quartier, où naquit le Free Derry pendant la guerre civile. Le pan de mur du Free Derry Corner porte encore fièrement l’inscription : « you are now entering Free Derry ».
Actuellement, les Anglais n’osent plus toucher à ce véritable monument public.
Derrière le monument, sur un « mural », on aperçoit Bernadette Devlin, icône des barricades du Free Derry.


Partout les murs se font l’expression de la colère républicaine, au travers des fresques murales de peintres du quartier. 


Au centre de la place, le monument aux grévistes de la faim, un grand H de granit, en référence au H Block  où moururent les dix grévistes de 1981.


Plus loin, le mémorial du Bloody Sunday, dédié aux quatorze manifestants assassinés par les paras anglais le 30 janvier 1972.
Nous terminons cette incursion par la visite du musée du Free Derry. Il retrace de façon émouvante l’histoire de la lutte pour les droits civiques de la communauté catholique.
On descend maintenant vers la river Foyle en passant par le quartier protestant historique. On remarque de suite que l’on est dans un bastion loyaliste par les bordures de trottoir peintes en bleu, blanc, rouge. Les vieilles lunes nationalistes sont toujours présentes : « No surrender », en référence à la victoire de 1690…


Pourtant, sur les rives de la Foyle,  en prolongement du Craivagon Bridge, comme un espoir, un monument, symbole de la réconciliation…


Nous quittons Derry pour nous diriger vers Strabane. Nous atteignons après un parcours incertain dû à notre GPS (ou à mon incapacité de lui en indiquer les bons éléments)  la frontière avec la République d’IRLANDE. Je voulais absolument entrer par là pour me remémorer mon arrivée en Irlande du Nord avec Patrice dans le sens inverse en 1973. A l’époque, le pont  était bloqué par les militaires britanniques, avec des chicanes pour empêcher un passage en force.
De nos jours, la frontière n’est pas matérialisée. Une fois le pont sur la rivière franchi, nous comprenons avoir changé de pays uniquement par les panneaux indicateurs libellés en gaélique et en anglais, et par l’indication des distances et des limitations de vitesse en kilomètres au lieu de miles. On retrouve aussi l’euro. La République d’Irlande est entrée dans la zone euro le 1er janvier 1999.

Nous roulons vers la pointe nord de l’Irlande, Malin Head (comté de Donegal). C’est le point le plus septentrional de l’île, situé à 55°22’ de latitude nord. On y trouve Bambas’s Crown, un moche édifice bâti en 1805 pour identifier les bateaux qui empruntaient cette route maritime. Par contre la vue est splendide sur les riants paysages irlandais de la côte nord.


Vers 18h30, nous nous installons sur un emplacement en terrasse au bord de l’Atlantique. Panorama spectaculaire, landes sauvages et rugueuses. 


C’est alors que se rappellent à notre souvenir les « midges », des moucherons voraces particulièrement agressifs à l’aube et au crépuscule, que nous avions déjà subis en 1990 lors de notre voyage en Ecosse.
Le soleil décline lentement sur l’océan et la nuit tombe…


Mercredi 10 septembre 2014

Et le soleil se lève à nouveau, avec une luminosité toute différente…



Dans le fourgon, au menu du petit déjeuner : « eggs and bacon ».
Nous allons traverser les paysages fascinants du comté de Donegal, un des trois comtés de l’Ulster situé en dehors d’Irlande du Nord.


A l’approche de la ville de Donegal, nous sillonnons les abords du lough Eske.
J’essaie de me remémorer notre passage de 1973 où nous avions dormi dans une auberge de jeunesse. Comme une vague impression…
Nous stationnons à midi au-dessus de la baie de Donegal.

Par la suite, nous allons rouler dans la province du Connaught, vers l’ouest, jusqu’à Achill Island, une île reliée à la terre ferme par un pont.
Nous pénétrons dans le camping de Keel, dont l’entrée est ouverte. Les moutons en liberté pâturent un peu partout. Nous allons ensuite faire un tour sur la plage. La température est agréable, mais peu de monde ose se baigner. Viviane fouine à la recherche de coquillages. Une jeune femme nue se rhabille lentement sur la plage, vraiment lentement… Shocking, dans la prude Irlande ! Un monsieur qui observe les oiseaux marins avec sa longue-vue a l’objectif opportunément braqué dans cette direction ! Les goélands se seraient-ils déplacés ?
De retour au camping, on se rend compte qu’il est fermé en voulant utiliser les sanitaires. Bien sûr, on peut rester, à condition de n’utiliser ni l’eau ni l’électricité. Comme nous avons déjà passé la nuit dernière dans la nature, nous préférons nous mettre à la recherche d’un autre camping.
A l’entrée de Doogort, nous nous installons dans un « caravan & camping park ».  Site sans arbre protégé de l’océan par une dune herbeuse. La jeune femme de la plage de Keel, présente dans ce camping, est une Allemande, ce qui explique tout…
A la tombée de la nuit, je me balade sur la belle plage derrière la dune. Les midges attaquent…

Jeudi 11 septembre 2014

Ce matin, nous effectuons en fourgon le tour de l’île Achill, en empruntant la route de l’Atlantic Drive : paysages grandioses de superbes côtes déchiquetées, falaises battues par les flots ou versants verdoyants où évoluent des moutons.
Nous faisons un arrêt au village fantôme de Slievemore : une centaine de ruines de maisons alignées à flanc de colline qui témoignent de la vie sur l’île avant la Grande Famine de 1845.

Dans l’après-midi, nous roulons jusqu’à Leenane, porte d’entrée nord de la région du Connemara
Les paysans catholiques expropriés par Cromwell lors de la conquête de l’Irlande n’eurent pas le choix. « En Connaught ou en enfer ! ». La province du Connaught fut très peuplée alors que près de 80% des terres étaient incultivables. Vivant presqu’en autarcie, la population survivait grâce à beaucoup de sacrifices, perpétuait sa langue et affirmait son identité, jusqu’à ce que la Grande Famine brise cette société, suivie par l’hémorragie de l’émigration.
C’est dans le Connemara que l’on trouve la culture gaélique la mieux préservée.
Près de Letterfrack, nous visitons Kylemore Abbey. C’est le site le plus prestigieux du Connemara, château reconverti en une superbe abbaye environnée de lacs et de cascades. Le château de Kylemore date du XIXe siècle, édifié par un négociant drapier anglais pour sa femme irlandaise. Il fut racheté au début du XXe par des sœurs bénédictines et devint un collège privé de jeunes filles jusqu’en 2010.


Quelques pièces sont visitables, mais le clou, ce sont les jardins à 1,2 km de l’abbaye : jardins botaniques, potagers, serres d’origine et reconstitution d’habitat des jardiniers de l’époque. Nous nous y rendons avec une navette et revenons à pied.
Après avoir rejoint le fourgon, nous nous dirigeons vers la presqu’île de Renvyle : haies de fuchsias, moutons qui divaguent au bord des routes… Nous gagnons un camping park dans la presqu'île de Renvyle, au bord de l’Atlantique (indiqué par le GdR). C’est une vaste prairie, site grandiose face à la mer.

Dans le fourgon, comme apéritif, le pastis, c’est fini ! Nous goûtons au whiskey irlandais. Distillé par trois fois, il se distingue du scotch whisky (écossais) qui n’a subi qu’une double distillation.
[A noter, une bizarre réglementation en vigueur qui interdit d’acheter de l’alcool dans les grands magasins avant midi !]

Vendredi 12 septembre 2014

Ce matin, « eggs and bacon » de nouveau pour le petit déjeuner. On y prend goût !
Nous sommes à l’entrée du parc national du Connemara. On visite la maison d’accueil du parc puis on entreprend une balade à pied dans la nature sur le sentier Lower Diamond Hill : collines, tourbières, landes, prairies et bois. 



Par la suite, près de Clifden, nous effectuons un circuit en voiture sur la Sky Road, paysages de toute beauté. Nous mangeons à midi dans le Ducato au sommet de la colline. 



Des Français se garent à côté de nous. Il faut à tout prix que la dame nous informe qu’elle est du Gard, c’est-à-dire une voisine de l’Ardèche ! Oui bon, d’accord, bonjour et au revoir…
[On rencontre ici beaucoup plus de touristes français que dans le nord de l’Irlande, surtout des Bretons.]
L’après-midi, après avoir fait des courses à Clifden, nous roulons à travers le Connemara en direction de Galway. On longe les montagnes des Twelve Bens. Paysages sauvages et désolés parsemés de lacs, terres rocailleuses qui alternent avec les tourbières et les lopins de terre arrachés à la montagne avec leurs murets de pierre. « Cette terrible beauté cache bien des souffrances muettes » dit le Routard. Il me revient à l’esprit la chanson de Michel Sardou, « les lacs du Connemara ». 




Par la suite, quand on approche de Galway, cette austérité se transforme en plaines verdoyantes.

On aura du mal à trouver un camping, aux abords de la ville : pas terrible, avec des emplacements normés au milieu des bungalows, et beaucoup de monde. On s’en contentera pour cette nuit. Il est toutefois situé en terrasse surplombant la baie. Mais un énergumène de l’île de Man accapare le paysage, avec son drapeau au triquètre planté en plein milieu de son emplacement. Et bien sûr, derrière, quelques motards, ralliés à son panache rouge…

Samedi 13 septembre 2014

Aux abords du camping, nous prenons un autobus pour nous rendre à Galway, porte d’entrée sud du Connemara.
Agréable promenade dans les rues animées et colorées du centre, notamment Quay Street, Cross Street et Eyre Square. Belles façades et devantures, « pubs » et restos sympathiques.


On remarque une statue d’Oscar Wilde, assis sur un banc en compagnie d’un écrivain américain au même nom.


Je ne me souviens guère de la ville où nous étions passés, Patrice et moi, en 1973. Par contre, il me semble reconnaître vers les quais l’emplacement où nous avions planté notre tente dans l’herbe à l’abri d’un mur de pierre. Et même l’endroit où nous avions passé la deuxième nuit au bord de l’océan…
On reprend un autobus pour rejoindre le camping en fin de matinée. Nous mangeons encore dans le fourgon avant de nous mettre en route.

Nous roulons vers le sud-ouest, traversons le Shannon à hauteur de Limerick et nous dirigeons vers la péninsule de Dingle (comté de Kerry).
Nous atteignons Dingle à 19h20. C’est un petit port de pêche abrité au fond de la baie. Ne trouvant rien de mieux, nous stationnons sur un parking public. Par la suite, nous sortons en ville à la nuit et passons la soirée dans un pub, avec musique folk irlandaise. La bière et la guinness coulent à flot. Le lieu est plein à craquer, comme tous les autres pubs, d’ailleurs. On écoute la musique debout et il faut jouer des coudes pour se frayer un passage jusqu’au bar…


Dimanche 14 septembre 2014

Mal nous en a pris d’avoir stationné sur ce parking. Pendant la nuit, un camion qui vend des « fish and chips » s’installe à côté de nous. En plus d’une jeunesse turbulante qui tourne autour, la ventilation bruyante de ses réfrigérateurs va nous empêcher de dormir jusqu’à 4h !

Ce matin, nous allons effectuer un trajet dans la péninsule de Dingle par la Slea Head Drive, circuit routier qui fait le tour de l’extrémité ouest de la péninsule. Encore des paysages d’une sauvage beauté. Dunquin est le village le plus à l’ouest d’Europe. Slea Head est une magnifique falaise au bout de la péninsule (10°28’ de longitude ouest) d’où l’on aperçoit les îles Blasket uniquement peuplées de moutons.

Ensuite, nous entreprenons la traversée de l’Irlande d’ouest en est, en direction de Dublin. Rien de particulièrement remarquable, dans les paysages du centre de l’île.
Arrivés aux alentours de la capitale, nous nous mettons en quête d’un camping indiqué par le Guide du Routard. Nous ne le trouverons pas. On se rabat sur un autre, à 19h30, à Rush, au nord de Dublin : North Beach Caravan Park, lui aussi indiqué dans le GdR.
Le vent souffle, et il fait assez froid.

Lundi 15 septembre 2014

Depuis le camping, nous prenons le bus jusqu’en ville. C’est un bus à impériale qui nous permet de bénéficier d’une vue plongeante sur la rue. La manière de conduire du chauffeur est un peu scabreuse, rasant à vitesse impressionnante les haies et les trottoirs. Mieux vaut, quand on est piéton, ne pas se trouver sur sa route…

Aujourd’hui, nous visitons DUBLIN (Baile Átha Cliath).
Le matin, nous parcourons à pied les quartiers de la rive nord de la Liffey : O’ Connell Street est une grande et très large avenue, les Champs-Elysées de Dublin. 


Le General Post Office, monument à l’architecture géorgienne, servit à Pâques 1916 de quartier général à l’insurrection. C’est là que le poète Padraig Pearse et le syndicaliste James Connoly proclamèrent l’indépendance de l’Irlande avec 1000 hommes des « Irish Volunters ». La répression fut sauvage et tous les leaders furent fusillés, sauf Eamond De Valera qui était de nationalité américaine. Il deviendra le premier président de la République !
Nous passons devant Custom House, avec son élégant portique central à colonnes doriques  puis parcourons le marché de Moore Street.
Nous mangeons vers midi dans un pub, The Oval, proposé par le Routard, connu pour ses plats traditionnels comme l’Irish stew, un ragout.

L’après-midi, nous parcourons les quartiers de la rive sud.
Temple Bar est un très vieux quartier où se concentrent un nombre impressionnant de pubs, de restaurants, de galeries d’art, de lieux culturels animés. Une mutation réussie. A l’origine, c’était le quartier des métiers et des artisans, réputé pour son insécurité nocturne, ses bouges et ses bordels miteux. Il fut squatté dans les années 1970 par des alternatifs puis rénové dans les années 1990 à l’initiative du gouvernement.
















Au-delà de Temple Bar, c’est le Dublin géorgien, Old city, qui forme le quartier le plus ancien et le plus homogène de la ville. On y trouve le château de Dublin dont il ne subsiste pas grand-chose.
Le quartier des Liberties , compris entre les deux cathédrales, est un quartier populaire pauvre autour de la brasserie Guinness. Peu visité par les touristes, il est cependant caractéristique du Dublin historique.


Saint Stephen’s Green : une très belle place géorgienne entourée de jolies demeures, havre de paix en pleine ville. Malheureusement, les promoteurs ont cassé cette belle unité architecturale. Nous arpentons Grafton Street, la rue piétonne la plus commerçante de la ville.


Remontant vers le centre, nous sommes surpris par le spectacle d’une pieuvre géante en plastique qui déborde des fenêtres d’un immeuble. Une publicité pour un grand magasin, ou légende locale ?


Reprenant un bus sur la rive nord, nous sommes de retour au camping pour 17h30.

Mardi 16 septembre 2014

Après avoir quitté le camping, dans la matinée, nous faisons un arrêt sur la plage de Donabate  où l’on observe goélands marins et argentés. Viviane recherche des pierres sur la grève.  Nous nous dirigeons ensuite vers le port de Dublin.

Et c’est à 14h15 que l’on embarque sur un ferry pour la Grande-Bretagne. Nous arrivons à 17h45 à Holyhead, dans le pays de Galles (ROYAUME-UNI). On renoue avec la livre sterling et les miles.
Nous traversons l’île d’Anglesey, reliée à la terre ferme par un pont, et roulons jusqu’à Bangor.
Par une petite route, nous gagnons un camping de campagne, espace de verdure ceint de murs, le Treborth Caravan Park. Nous y sommes seuls à part deux tentes de l’autre côté du mur. A la tombée de la nuit, je discute avec un campeur français qui parcourt en vélo l’île d’Anglesey.

Mercredi 17 septembre 2014

Nous allons maintenant traverser le pays de Galles.
Les panneaux de signalisation sont écrits en anglais et en gallois. Langue d’origine celte, comme le breton dont il se rapproche beaucoup plus que le gaélique, le gallois fait partie de l’identité du pays de Galles et contribue à le distinguer de l’Angleterre. Cette langue n’a de cesse d’être valorisée légalement.
Le nord est une région montagneuse superbe, dominée par le Snowdon qui culmine à 1085 m. Le parc national Snowdonia est parcouru de petites routes étroites, sinueuses comme en Irlande, bordées de haies de fuchsias et de fougères, de murets, ou d’arbres taillés pour le passage des camions et des bus. Ce qui provoque des frayeurs récurrentes à Viviane, placée du mauvais côté de la route lorsque des camions déboulent sur sa droite.
Nous faisons un détour jusqu’à Hay-on-Wye, la cité du livre, à la limite entre pays de Galles et Angleterre. Un châtelain excentrique et un peu fou déclara l’indépendance en 1977 de ce village en déclin et s’en proclama souverain. Richard Booth apporta des livres dissidents, anti-pensée unique. Ainsi se créa la première cité du livre qui fit par la suite des émules sur le continent. 
A ce jour, la ville compte environ 1450 habitants et une trentaine de librairies ! Cette particularité attire des amateurs du monde entier.
Nous parcourons cette petite bourgade fortifiée ainsi que son château maintenant revendu. Nous visitons quelques librairies, notamment celle de Richard Booth, à la façade colorée qui vaut le coup d’oeil. 


Egalement une petite librairie spécialisée dans le meurtre et l’horreur, à la déco sanglante…

Nous quittons la bourgade pour pénétrer dans le parc national Brecon Beacons. Paysage de bruyères, de collines et de prairies où moutons, poneys et vaches paissent en toute liberté.
Au sud du pays, nous évitons Cardiff, la capitale galloise, et bifurquons sur l’autoroute vers Newport. Franchissant le pont suspendu sur l’estuaire de la Severn, nous entrons à nouveau en Angleterre.
Nous atteignons la ville de Devizes vers 19h30 et stationnons pour la nuit sur un parking public désert.

Jeudi 18 septembre 2014

Nous sommes dans le comté du Wiltshire, tout près du site de Stonehenge, où nous arrivons à 9h30.
Site préhistorique classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, ce mystérieux cercle de pierres bleues géantes venues du pays de Galles est une énigme archéologique.
Cet alignement de mégalithes était probablement lié à l’observation de la course du soleil et aurait pu servir de calendrier. Il aurait également été un lieu de pèlerinage. Il ne s’agit pas d’un monument druidique : datant du IIIe ou IVe millénaire avant notre ère, sa construction était bien antérieure à l’arrivée des Celtes.
L’entrée du site est payante, assez chère. Nous visitons d’abord l’exposition permanente en salle, puis à l’extérieur la reconstitution d’habitats de l’époque.


Ensuite, une navette nous conduit sur le site lui-même, à deux km de là. On ne peut plus approcher les pierres aujourd’hui et on se balade tout autour à une vingtaine de mètres de distance pour éviter la dégradation.
Les guides du XIXe siècle contribuèrent largement à dégrader le site en prêtant des petits marteaux aux touristes pour se tailler des souvenirs !




A 11h15, les cars de touristes affluent, et le site est peu à peu envahi. Il est temps de s’en aller.

Nous roulons jusqu’à la « New Forest », immense territoire de landes, bruyères et genêts, de pâturages et de forêts primaires, devenu un parc national, un des plus jolis coins d’Angleterre. C’est aujourd’hui encore une propriété de la Couronne, à l’organisation féodale.
Nous parcourons en voiture les petites routes du parc où pâturent les bêtes en liberté, même dans les villages, d’où vitesse limitée à 40 miles


Pour boucler notre trajet, nous empruntons l’autoroute aux abords de Southampton dans l’intention de rejoindre Dover. En cours de trajet, nous sommes surpris par une averse d’une dizaine de minutes. C’est la première que nous subissons depuis notre départ. Nous avions emmené bottes et capes en prévision de ces destinations ; or nous avons traversé Grande-Bretagne et Irlande sans une goutte de pluie !
Alors que nous contournons l’agglomération de Londres par le sud, la circulation se fait de plus en plus intense, proche de la congestion. A l’occasion d’un ralentissement, on décide de quitter l’autoroute et d’emprunter des voies secondaires. Pas facile ! Le GPS veut à tout prix nous ramener sur l’autoroute, puisqu’elle est gratuite.
Finalement, c’est de nuit que nous atteindrons Dover. A 20h15, nous  nous installons en ville, non loin du port, sur un parking public, où stationnent déjà d’autres voitures et camping-cars.
Un peu plus tard, après avoir mangé, je me rends dans un pub aux abords de la place pour y boire une bière, espérant profiter des toilettes. Mais le pub est miteux et les sanitaires bouchés…

Vendredi 19 septembre 2014

Un orage a éclaté pendant la nuit. Le jour se lève sur la place dans un morne environnement brumeux. Quelques personnes attendent, en recherche de travail ? Dans une friche, derrière un muret, trois hommes sur un banc semblent squatter les lieux…
Rejoignant le port, nous embarquons à 9h35 sur un ferry. A l’origine, notre départ était prévu à 10h15 ; mais comme nous sommes en avance et qu’il y a encore de la place sur la liaison précédente, on nous propose cette solution.
Pendant la traversée, nous profitons du passage en eaux internationales pour acheter du whiskey irlandais. Nous remarquons un homme assis en face de nous qui est presque le sosie de notre ami Jean-Marie Martz, en version asiatique !
Nous débarquons à Calais à 12h (heure française). Reprenant la route, nous mangeons dans un restaurant à Gravelines (Nord) puis faisons route vers Wattignies, chez nos amis Patrick et Anne-Marie où nous arrivons à 16h45. 

Après un passage à Saint-Fargeau, dans l’Yonne, nous serons de retour lundi à St-Apollinaire-de-Rias après 6200 km de voyage.


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1 commentaire:

  1. L'envie d'aller dans ce pays, différemment appréhendé par Jean-Marie, ses textes et ses photos, et, dans son écriture, plus ou moins distanciée par Jean-Pascal (Dubost)

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