jeudi 17 novembre 2016

2016 Albanie

Mardi 6 septembre 2016

Partis ce matin de Saint-Apollinaire-de-Rias, en Ardèche, Viviane et moi arrivons vers 18h30 au col de Montgenèvre (dans les Hautes-Alpes) à 1850 m d’altitude, près de la frontière italienne. Nous nous installons sur une aire de service pour camping-cars : un large espace presque désert à cette époque, avec possibilité de branchement électrique.

Mercredi 7 septembre 2016

Nous quittons l’aire de service à 8h45 et passons en ITALIE.
Nous descendons la vallée alpine et rejoignons l’autoroute pour rouler à travers le Piémont, la Lombardie et la Vénétie, passant au large de Turin, de Milan et de Padoue jusqu’à hauteur de Venise.
C’est à Mestre, à l’ouest de Venise, sur la terre ferme, que nous atteignons vers 17h le « camping Venezia ». C’est un camping de ville, porte d’entrée de Venise et donc très peuplé. Nous sommes garés dans un espace normalisé, entourés de toutes parts. Mais, bon, on s’en doutait !

Jeudi 8 septembre 2016

Vers 8h30, nous prenons un autobus jusqu’à Venezia (Venise). Terminus sur la piazzale Roma.
Toute une ville sans aucune voiture ! La « Sérénissime » est fascinante, envoûtante.
Au Ve siècle les barbares déferlèrent sur la région. Les habitants, installés à l’époque sur le continent, trouvèrent refuge sur les îles de la lagune pour échapper à Attila puis aux Lombards.
La république de Venise, dite la « Sérénissime », a construit son indépendance politique et sa puissance économique grâce au commerce maritime. Après mille ans d’indépendance, elle fut abolie par Bonaparte en 1797 et cédée à l’Autriche. La cité devint finalement italienne en 1866.
Nous traversons la ville à pied, à travers les petites rues tortueuses jusqu’au pont du Rialto, sur le Grand Canal, l’artère principale où les embarcations circulent toute la journée.
Pris d’assaut par les touristes, le pont du Rialto est un des endroits les plus connus de la ville. 




Les gondoles à l’amarre attendent le client. Symboles de Venise, elles sont l’attraction pour les touristes. Activité lucrative s’il en est !
















Le quartier rive droite fut la plaque tournante du commerce à Venise. C’était le centre financier et économique de la ville. Quartier extrêmement actif où les banques côtoyaient les comptoirs de change.
Nous embarquons sur un « vaporetto ». C’est l’autobus aquatique qui parcourt le Grand Canal. On admire les somptueux palais qui bordent le canal.




On débarque au quartier San Marco. La place Saint-Marc est noire de monde, la chaleur est intense. Il me revient quelques  vagues souvenirs de mon passage dans cette ville il y a 44 ans, le 26 juin 1972, avec Hichem.
Merveilles architecturales de la basilique Saint-Marc, du palais des Doges, de la tour de l’Horloge et autre campanile. 



Mais il est impossible de visiter le moindre monument, vu la foule. Des queues de touristes d’une centaine de mètres devant chaque site nous découragent. Nous essayons de nous promener le long du quai, mais la foule est si dense que nous ne résistons pas longtemps. Atmosphère saturée, foules oppressantes.
Place Saint-Marc, il y a beaucoup de pigeons, c’est bien connu. On y trouve aussi une espèce particulière, le touriste à plumer. Tout est hors de prix !

Arpentant les ruelles et les canaux, 
nous nous dirigeons par le pont de l’Académie vers le quartier Dorsoduro. Agréable à parcourir, on y prend un grand bol d’air. Plus intimiste et romantique.
On s’arrête pour manger dans le petit restaurant d’une ruelle attenant à une place.

A l’intérieur de la boucle la plus large du Grand Canal, San Polo et Santa Croce sont des quartiers très animés, riches en couleurs qui conservent un petit côté populaire et traditionnel.
Nous visitons l’église des Frari. L’entrée est payante. Nous ressentons comme une impression de déjà vu. En effet, ce matin, en traversant la ville, nous nous y étions arrêtés. Mais c’était alors gratuit ! Edifiée par les Franciscains à partir de 1338 en brique rouge et dans le style gothique, l’église est un immense vaisseau qui contient d’extraordinaires chefs-d’œuvre artistiques qui racontent huit siècles d’histoire : Titien, Donatello, Vivarini, Veneziano… Des peintures, mais aussi des sculptures, des reliques, des stalles sculptées, des monuments comme les tombeaux de Titien et Canova.
Sortant de l’église, nous rejoignons le Grand Canal pour reprendre un vaporetto dans l’autre sens jusqu’au terminus de la piazzale Roma.


Un autobus nous ramène au camping de Mestre vers 16h.
Fatigués mais enthousiasmés par cette ville unique au monde.

Vendredi 9 septembre 2016

Nous quittons le camping dans la matinée. Faisant fi de la conduite imprévisible et scabreuse de l’« homo italianicus », nous empruntons les routes ordinaires, rejoignant Trieste.
C’est à 12h30 que nous pénétrons en Slovénie, parcourant la trentaine de kilomètres  au nord de l’Istrie qui longe les collines de Brkini. La faim se faisant sentir, on fait halte en bord de route pour manger dans le camping-car.
A 14h45, nous atteignons la CROATIE, membre de l’Union européenne depuis le 1er juillet 2013. La monnaie locale est encore la kuna.
Nous contournons Rijeka, grande ville industrielle et plus grand port de Croatie. Nous empruntons d’abord la Magistrale, la route côtière qui parcourt la côte dalmate du nord au sud. Dans un premier temps, la route longe le golfe du Kvarner, sinueuse, coincée entre la mer et les Alpes Dinariques.
Ici, on roule avec les feux de croisement allumés. Par contre, le respect du code de la route pour les Croates est un bien grand mot. Il faut dire que la réglementation est un peu « pousse au crime ». Lignes continues, limitation de vitesse la plupart du temps à 50 km/h, ce qui fait que tout le monde double partout, n’importe quand, n’importe où…
Arrivés à Senj, nous bifurquons dans les terres. La route grimpe en montagne pour atteindre le bassin de la Lika. Par des petites routes de campagnes vallonnées, plantées de pruniers, nous atteignons Otočac.
A17h30, nous avisons un petit camping champêtre à Zalužnica. Tout à fait ce qui nous convient. C’est un verger de pruniers aménagé en camping rustique mais avec les équipements nécessaires. Nous y sommes seuls, à part un camping-car d’Allemands.
Agréable soirée ensoleillée sous les arbres.


Les prunes, qui ne sont pas encore ramassées, sont délicieuses. Plus tard, le patron nous amène deux petits verres d’eau-de-vie de prune, de la « šlivovic » de sa production, très goûteuse.

Samedi 10 septembre 2016

Au matin, avant de partir, Viviane lui achète deux bouteilles d’eau-de-vie.

Nous continuons notre trajet par des routes de campagne. Parcours sympathique sur des voies peu fréquentées. En début d’après-midi, descendant sur la ville de Split, on retrouve la côte adriatique.
On s’installe dans un camping à Stobreč (à 4 km à l’est de Split). Encore un camping bondé, ça nous change d’hier soir ! [Le 4 septembre 2007, nous y avions passé une nuit, revenant de Bosnie.]

Nous prenons un bus pour nous rendre au centre-ville de Split.
Un joyau de l’Adriatique, une ville installée dans un palais !
En 295 après JC, Dioclétien, un des derniers empereurs romains, venant de perdre dans un incendie son palais de Nicomédie en Asie Mineure, décida de reconstruire sa résidence à Split. Il s’y retira en l’an 305 après avoir abdiqué.
Après la destruction de leur ville en 615 par les hordes d’Avars, les habitants de Salona (aujourd’hui Solin) se réfugièrent dans le palais de Dioclétien. Avec des matériaux trouvés sur place, ils se construisirent de petites habitations. Leur « squat » (dixit le Guide du Routard) devint une adresse permanente. Au fur et à mesure, le palais se métamorphosa en bourgade médiévale. Il n’y eut pas de destruction massive mais au contraire une récupération des monuments, des pierres, des vestiges romains.
Nous débutons la visite du palais de Dioclétien par le Vestibule : de grandes salles voûtées qui sont le sous-sol des anciens appartements impériaux où se sont accumulés pendant plusieurs siècles ordures, immondices et déchets, déblayés en 1956. Puis la vieille ville installée dans le palais, où vivent encore aujourd’hui près de 3000 habitants. 



Split n’est pas une ville-musée. C’est une cité animée et dynamique où l’on traverse plusieurs époques en un seul instant : presque 17 siècles d’architecture depuis le Bas-empire romain jusqu’à Napoléon.


Devant la cathédrale, le péristyle est une cour rectangulaire à ciel ouvert bordée de colonnes, passage obligé des visiteurs et lieu de rencontre des Splitois.


Par contre, ici encore, impossible d’échapper à la foule des touristes qui envahissent places et ruelles.


Par la porte Ferrea, on arrive sur « Narodni trg », très jolie place bordée de demeures anciennes et de palais Renaissance, dans la vieille ville de Split hors de l’enceinte du palais. Nous parcourons les ruelles et places du quartier. Au Moyen Age, les maisons d’habitation débordèrent  rapidement du palais et s’étendirent à l’ouest.
Au retour, sous les murs du palais, en attendant le bus, on s’arrête à la terrasse d’un bistro : bière croate (pivo) pour moi et glace pour Viviane.
Nous rentrons au camping en bus.

Dimanche 11 septembre 2016

Nous quittons le camping à 8h45. Nous empruntons vers le sud la Magistrale qui sinue entre mer et montagne. Mélange inévitable de villages de pêcheurs et d’hôtels de tourisme de masse… Par contre la vue sur les îles dalmates est splendide.
Nous atteignons le poste-frontière du corridor de Neum (Bosnie). File d’attente pour le contrôle des passeports, frontière de l’Union européenne oblige… Le corridor est le seul accès du pays à la mer, sur une dizaine de kilomètres.
Nous repassons en Croatie. L’enclave de Dubrovnik est une bande étroite, coincée entre la mer et la Bosnie. Versants arides et rocailleux couverts de végétation méditerranéenne.
Nous contournons la ville de Dubrovnik, pour l’avoir déjà visitée le 3 septembre 2007.
Dans l’après-midi, nous arrivons à la frontière du MONTENEGRO. Au poste croate, une douanière hystérique hurle contre nous parce que nous nous sommes trompés de file ! Elle claque la porte de sa cahute et ne bouge plus. Un monsieur rigole (spectacle gratuit !)… Finalement, la barrière se soulève. On peut passer !
Entre les deux postes-frontière, je m’arrête pour liquider les kunas qui me restent devant l’enseigne d’une banque officielle. L’employé me voyait venir… Il me propose 70 euros en échange des kunas, mais sans me fournir de justificatif. Je ne réalise pas encore que je viens de me faire escroquer d’une trentaine d’euros qu’il a dû mettre dans sa poche. Viviane me reproche de n’avoir pas demandé de reçu officiel. C’est vrai, mais de la part d’une banque…
Nous venons de quitter l’Union européenne. Paradoxalement, on retrouve l’euro qui a été adopté unilatéralement par le Monténégro, tout en n’étant pas membre de l’UE.
On va bientôt remarquer que l’alphabet cyrillique a quasiment disparu des panneaux routiers et des enseignes, alors que lors de notre passage en 2007 les deux alphabets cohabitaient.

On fait route maintenant dans les bouches de Kotor. « Fjord » le plus méridional d’Europe, site naturel exceptionnel, c’est une immense et profonde baie entourée de hautes montagnes. La route longe la rive gauche de la baie jusqu’à Kotor sur une trentaine de kilomètres. Par contre, il est possible de prendre un bac pour rejoindre plus rapidement Kotor sur la rive est.
Cherchant à nous arrêter, nous faisons un aller-retour le long de la baie. 


Vu l’espace étroit entre la mer et la montagne, il n’y a pas de camping aux alentours de Kotor. Nous stationnons plus loin dans un « auto-camp » à 18h. Je reconnais ce petit espace, dans le même état précaire que le 2 septembre 2007, petite baraque en bois pour deux WC et une douche derrière un rideau à l’extérieur. L’espace est occupé par des jeunes sous tente. Nous sommes au bord de l’eau. Un yacht est ancré en face de nous. A la nuit tombée, la baie s’illumine.


Lundi 12 septembre 2016

Ce matin, nous parcourons la baie de Kotor.
Premier arrêt à Perast. C’est un adorable village au bord de l’eau et le plus ancien des bouches de Kotor. Il présente l’ensemble baroque le mieux préservé de l’Adriatique.


















Après une balade dans les rues du village, nous nous faisons transporter par un petit bateau sur un îlot au milieu de la baie.


C’est un îlot artificiel créé par les marins locaux au XVe siècle autour d’un simple rocher dans le but d’édifier une église pour honorer la Vierge.
Nous visitons l’église de N-D du Récif. Malheureusement, on est obligé de retarder notre entrée dans l’église : des groupes de touristes viennent d’arriver dans l’île par de gros bateaux. L’intérieur est splendide : superbe plafond totalement baroque, nombreuses peintures, ex-voto et l’icône de la Madone, dans l’autel, objet de culte local.



Vers midi, nous arrivons à Kotor. Embouteillages dus à l’heure et surtout aux bus de touristes. Concert de klaxons… Après avoir trouvé un parking, nous entrons dans la vieille ville, entourée d’une muraille et d’une dizaine de bastions, au pied du mont Lovčen.


Nous prenons un repas dans un restaurant intra-muros.
Nous nous promenons au sein de la cité médiévale, magnifiquement préservée et restaurée. Nous flânons dans des ruelles étroites et sinueuses, sans voitures et avec une remarquable unité des monuments. La cathédrale romane Saint-Triphon, une des deux catholiques du Monténégro, est le monument le plus représentatif de l’architecture romane de l’Adriatique, reconstruite maintes fois à cause de tremblements de terre. Elle offre de magnifiques exemples d’architecture sacrée, des restes de fresques et un trésor d’orfèvrerie locale et vénitienne.


Nous reprenons la route vers le sud-est du Monténégro, longeant la côte adriatique. Nous arrivons à Ulcinj, la ville la plus méridionale du Monténégro. A 16h30, nous nous installons à l’auto-camp Neptun, indiqué par le guide du Petit Futé. C’est un grand camping, mais à cette époque absolument vide de campeurs. Un petit jeune sympathique nous reçoit. Patient, aussi, car nous le dérangeons plusieurs fois pour des problèmes de liaison wifi…
A la tombée de la nuit (qui survient de plus en plus tôt plus nous progressons vers l’est), un hibou petit-duc, lui qui n’a pas de problème de réseau, part en chasse…

Mardi 13 septembre 2016

Nous nous dirigeons vers la frontière. La route devient moins bonne, la chaussée se rétrécit. Vers 10h, nous arrivons à Sukobin . C’est la frontière avec l’ALBANIE.

Dépendance de l’Empire ottoman depuis 1506, l’Albanie proclame son indépendance le 28 novembre 1912. Sous la dictature du roi autoproclamé Zog 1er, elle est envahie en 1939 par l’Italie fasciste. La république populaire d’Albanie est proclamée en janvier 1946 par Enver Hoxha. Elle sera la plus dure dictature communiste d’Europe. Après la mort d’Enver Hoxha en 1985, l’Albanie rompt avec l’isolationnisme. Le régime communiste chute en 1991, les libertés fondamentales sont retrouvées. En 1992, les élections conduisent Sali Berisha à la présidence de la République d’Albanie. En 1997, le pays est marqué par une guerre civile, provoquant l’intervention d’une force de l’ONU. S’ensuit une période d’instabilité politique jusqu’en 2005.

Après les formalités de passage, nous nous dirigeons vers Shkodër, la première ville après la frontière. Chemin faisant, nous commençons à nous rendre compte du niveau de vie du pays et du mauvais état des routes. Nids-de-poule dans la chaussée, petites carrioles tirées par des ânes ou des chevaux. L’Albanie est le deuxième pays le plus pauvre d’Europe après la Moldavie.
Malgré quelques hésitations dues au GPS qui nous entraîne vers un pont piétonnier, nous parvenons à Shkodër.
La ville est située dans une vaste plaine au bord du lac Skadar et au pied des Alpes dinariques.
Impressionnante et stressante, la circulation en ville ! Les ronds-points n’ont aucune réglementation. Seul le hasard détermine qui va passer.
Il faut dire qu’avant 1990 les véhicules étaient extrêmement rares - on parle de 2000 voitures seulement. Aujourd’hui il en existe 2 millions. Les bons conducteurs sont rares. Les premières vraies auto-écoles sont apparues seulement dans les années 2010 !
Nous essayons de nous garer le plus tôt possible autour d’une place. D’abord, trouver une banque pour faire du change. La monnaie est le lek, non convertible hors des frontières. Pour se renseigner dans la rue, si l’on ne parle pas albanais, on peut assez facilement utiliser l’italien (surtout dans le nord du pays) ou l’anglais dans les zones touristiques. L’albanais est une langue indo-européenne à part, aux origines obscures, qui ne sera véritablement unifiée qu’au début du XXe siècle.
Le centre-ville s’organise autour de la place Demokracia. La mosquée, récente, témoigne de la vitalité de la communauté musulmane sunnite. La folie destructrice antireligieuse d’Enver Hoxha n’a épargné que de rares édifices. A partir de 1967, l’Albanie fut le premier pays officiellement athée au monde. Les autorités avaient choisi d’implanter ici le Musée de l’Athéisme. Depuis la chute du régime communiste, les religions ont repris de la vigueur. Ce sont principalement l’islam (sunnite et bektashi) et le christianisme (catholique et orthodoxe).


Nous flânons dans les ruelles étroites du centre historique de cette ville orientale des Balkans, vivantes et animées où les vélos sont le moyen de locomotion le plus pratique pour faire ses courses aux boutiques, échoppes et aux étalages des marchés. 



Nous achetons une poignée de petits fruits que je n’identifie pas. Le nom albanais ne nous aide pas beaucoup. Viviane pense que ce sont des « poires à cochons », pensant aux fruits qu’elle mangeait en Tunisie lorsqu’elle était enfant. Ce seraient donc des cenelles, fruits d’une espèce d’aubépine du sud ?
Nous prenons un repas sur la terrasse d’un restaurant agréablement situé à l’ombre d’un parc. Nous poursuivons notre visite dans le centre historique et la rue piétonne Kolë Idromeno




Retrouvant le Ducato, nous nous rendons ensuite à 11 km au nord de la ville, au bord du lac Skadar. Nous rejoignons par une piste le camping « Lake Shkodra resort », où nous passons le reste de l’après-midi. Peuplé essentiellement d’Allemands baroudeurs, avec des véhicules 4X4 surélevés, le Petit Futé en parle comme l’un des meilleurs campings d’Albanie, équipé aux normes européennes.
Au loin, résonne l’appel à la prière des mosquées. Puis c’est le concert des grillons qui prend le relais à la tombée de la nuit.

Mercredi 14 septembre 2016

Le matin, nous faisons route jusqu’aux abords de la capitale, dans la grande plaine centrale. Une centaine de kilomètres sur des routes en bon état. 
Nous sommes frappés par le nombre de Mercédès en circulation. C’est la voiture par excellence des Albanais. Contrairement aux autres pays de l’Est, il n’y avait pas ici de marque nationale. On en trouve de tous les modèles et de toutes les époques. Simples et robustes, elles sont facilement réparables par les garagistes locaux.

Avant d’entrer en ville, nous gagnons un camping près de Kashar, le « camping Tirana », sur une piste aux abords du petit lac Kusi. Il faut vraiment le vouloir (et le trouver) ! C’est un sympathique espace géré par une famille, en pleine campagne, où vadrouillent les poules.

Il est hors de question d’essayer de pénétrer en voiture dans la ville ! Après notre installation, la jeune patronne du camping nous véhicule jusqu’à un arrêt de bus situé près d’un centre commercial. Auparavant, elle charge ses deux filles qui sortent de l’école. Accueil amical des enfants qui montent dans la voiture et s’adressent à nous en anglais !
Nous prenons un bus pour TIRANA.
Caractérisée jusque dans les années 1960 par la cohabitation d'une ville orientale ancienne et d’une ville occidentale nouvelle, Tirana prend l’aspect qu’on lui connaît actuellement dans la deuxième partie du règne d’Enver Hoxha qui fait détruire les derniers vestiges de l’époque ottomane.
Ville surpeuplée et bruyante, fébrile et bouillonnante, sans voitures jusqu’en 1985, elle est aujourd’hui constamment bloquée par les embouteillages.
Arrivés en ville, nous mangeons dans un restaurant : Oda, lui aussi proposé par le Petit Futé. Tables basses, ambiance ottomane dans une vieille villa reconstituée. Cuisine albanaise, tarte cuite au four… Le tout pour l’équivalent d’une quinzaine d’euros à nous deux !

L’après-midi, nous visitons la ville.
La rive droite de la Lana est la partie la plus résidentielle du centre-ville. Sur la place Skanderberg, centre de la capitale, trône la statue équestre de Skanderberg, le héros national qui combattit les Ottomans pendant près de 25 ans. Jusqu’en 1991, une énorme statue dorée d’Enver Hoxha se dressait également sur la place.


Les bâtiments qui la bordent constituent l’ensemble architectural le plus harmonieux de la capitale.
La mosquée Et’hem Bey constitue l’un des rares vestiges du passé ottoman de la capitale. Son statut de « monument culturel » lui a valu d’être épargnée lors de la campagne athéiste du régime communiste. Elle fut rouverte au culte en 1991. Les murs extérieurs sont richement décorés de peintures représentant des paysages idylliques, révélant l’influence du bektashisme.


A l’intérieur, la salle de prière est magnifique, décorée de peintures qui remontent jusque sous le dôme.



Juste derrière, la tour de l’Horloge fait partie des symboles de la ville. Elle abrite un petit musée de l’horlogerie et de là-haut offre une très belle vue sur la ville hélas gâchée par la tour Kaceli, située derrière.


Quand on s’éloigne de la place, une toute autre cité se dévoile, à l’urbanisation anarchique et ses rues boueuses par temps de pluie. Un développement à plusieurs vitesses…


La place Avni Rustemi est l’entrée du plus grand marché de la ville. C’est le quartier qui a le mieux conservé l’ambiance orientale de Tirana.
Nous passons aux abords de la grande mosquée, en cours de construction. Ce devrait être la plus grande mosquée des Balkans.
Le pont des Tanneurs, minuscule ouvrage en pierre du XVIIIe siècle, est encore un des rares vestiges de la période ottomane.


Sur la rive gauche, nous parcourons le quartier Blloku (blok), l’ancien carré des dirigeants communistes, interdit au peuple entre 1961 et 1991. Rues ombragées bordées de belle villas, c’est devenu un des lieux préférés des habitants deTirana, avec ses fast-food (locaux), ses restaurants internationaux, ses bars bruyants et ses boîtes de nuit bondées. On s’y arrête pour manger une glace.
Au retour, on s’arrête à la cathédrale orthodoxe. Inaugurée en juin 2012, c’est la troisième plus grande cathédrale orthodoxe d’Europe. Elle ne cesse de provoquer la polémique, du fait de son coût excessif dans un des pays les plus pauvres d’Europe. 


On passe à côté de bunkers, vestiges de l’époque communiste, symboles de la paranoïa  du régime. Certains ont été reconvertis.

Nous rentrons par bus puis minibus jusqu’au camping.  Les minibus sont opérés par de petites compagnies privées et des chauffeurs indépendants. Bon marché, exotiques et conviviaux, mais assez dangereux.  Le nôtre s’arrête à un ou deux kilomètres du camping. Le chauffeur nous demande un supplément exorbitant pour nous emmener sur la piste de terre,  car nous n’avions pas très bien compris la somme qu’il nous indiquait ! Une jeune fille qui habite à côté du camping nous indique qu’elle parcourt à pied ce trajet deux fois par jour pour aller travailler.
Nous passons la soirée au camping. Plus tard, le patron viendra nous retrouver dans le Ducato pour nous donner des renseignements sur la suite de notre voyage (hébergements, état des routes, etc.).  Il est guide touristique, et son aide nous sera précieuse pour la suite de notre voyage. En Albanie, les campings sont peu nombreux et mal équipés. Il leur reste un réseau de connaissances à établir.
Les enfants essaient de monter dans le camping-car. Mais la maman trouve qu’il est l’heure de se préparer pour aller manger…

Jeudi 15 septembre 2016

Au matin, nous profitons de l’environnement du camping, au bord du petit lac.


Anes et vaches passent sur le chemin du dessous.


Les poules picorent dans les prés et des paysans fauchent à la main les pieds de maïs desséchés pour en confectionner des bottes de foin.



Nous faisons route vers le centre de l’Albanie, passant par Durrës. Le réseau routier est correct. Nous atteignons à midi Berat. La « ville aux mille fenêtres » est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Nous mangeons d’abord au restaurant Ajka, dans une belle maison du quartier Gorica. 


On y a une vue imprenable sur la rivière Osum et le quartier de Mangalem. On y goûte à des viandes grillées et des spécialités de la région.
Ensuite, nous parcourons à pied les ruelles de Gorica, sur la rive gauche de la rivière. Pendant la période ottomane, c’était le quartier chrétien.


Sur la rive droite, le quartier Mangalem.



Accroché aux collines, au pied de la citadelle, c’est la partie ottomane de la vieille ville où se concentrait autrefois la communauté musulmane. Maisons traditionnelles, ruelles pavées sinueuses, pentues et trois belles mosquées.



Nous visitons la mosquée du Roi : mirhab richement décoré, belles boiseries du plafond, mezzanine réservée aux femmes protégée de hauts paravents ajourés (les moucharabieh).
Retournant sur la place centrale où nous sommes stationnés, nous visitons également la cathédrale orthodoxe Saint Bitri, toute de rose et de blanc.


Avant de quitter la ville, nous passons à la Poste pour acheter des timbres à l’ami Serge. Nous faisons halte à 15h30 dans un camping à Ura-Vajgurore (11 km au nord-ouest de Berat).  C’est un petit camping familial que nous avait indiqué le patron du « camping Tirana ». Accueil sympathique d’un jeune couple. Un peu plus tard, le jeune homme vient spontanément nous offrir un café glacé.

Vendredi 16 septembre 2016

Avant de partir, en remerciement, nous achetons à la réception deux bouteilles de vin blanc de production locale, probablement d’un particulier. Nous nous rendrons compte que c’est une piquette, tout juste bonne à utiliser en cuisine !

Nous roulons en direction de Fier. La route est en mauvais état, parsemée de nids-de-poule. Sur le trajet, nous apercevons un vieux monument délabré de style stalinien, à la gloire des brigades de partisans.


Détour par une région d’extraction de pétrole brut, à Marinëz. C’est le patron du camping Tirana qui nous en avait parlé. Il nous disait que cette région était à la fois la plus riche et la plus pauvre du pays : riche en pétrole, mais qui ne rapportait rien à la population parce qu’exploitée par de grandes compagnies internationales. Et de fait, les derricks et les puits envahissent le paysage, crachant leurs flammes et leur pollution à ciel ouvert. 


Les villages que nous croisons sont pauvres, et les carrioles tirées par les ânes sont le moyen de locomotion utilitaire principal. Les poubelles sont aussi ramassées par ces carrioles.


Reprenant la route de Fier, nous traversons la ville et nous dirigeons vers le site d’Apollonia.
Situé à 11 km de Fier, le site d’Apollonie d’Illyrie est le plus grand parc archéologique du pays. C’est une ancienne cité corinthienne fondée vers 600 avant JC dans ce qui était le pays d’une tribu illyrienne. Elle passa sous la tutelle de Rome, fut conquise par les Goths puis abandonnée suite à une série de tremblements de terre. Elle sera de nouveau occupée au XIIe siècle par une implantation byzantine.
Nous parcourons le site de 11h45 à 13h30 : église de la Vierge Theotokos (transformée en musée), bouleuterion, odéon, bibliothèque, arc de triomphe, temple de Diana, sanctuaire romain, fondations de maisons et vestiges de remparts sur la colline de l’oppidum… 



Deux tortues d’Hermann en vadrouille se réfugient dans la végétation à train de sénateur…


A la fin de la visite, on mange dans le fourgon sur une prairie à l’entrée du site.

Après une sieste,  nous continuons notre route vers Vlorë puis le long de la côte de la mer Ionienne.
On s’arrête à Radhimë, sur le terrain d’une résidence qui permet le stationnement des camping-cars.
Nous sommes juste au bord de la mer.
Dans la journée, la pompe à eau du Ducato a choisi de tomber en panne.  Donc, plus de possibilité de faire la vaisselle à l’intérieur, encore moins de prendre une douche dans le petit cabinet de toilette. Campings obligatoires donc, pour aller faire la vaisselle aux sanitaires comme au bon vieux temps du Trafic.

Samedi 17 septembre 2016

Ce matin,  trajet vers le sud.
La route grimpe vers le parc national de Llogara et atteint le col éponyme à 1043 m d’altitude. Arrêt au col : impressionnant panorama avec vue plongeante sur la mer Ionienne. 


Le parc offre un contraste frappant avec les paysages méditerranéens qui l’entourent. On y rencontre même des bancs de brouillard.
Puis c’est la descente vers la « riviera albanaise ». La petite route de montagne longe à distance le littoral albanais. Magnifique !
En cours de trajet, nous faisons une halte à Dhërmi. Ce petit village, majoritairement peuplé de Grecs, est considéré comme la « perle du littoral ». Nous montons en voiture vers le vieux bourg accroché sur les hauteurs. Beaucoup d’habitations sont dans un état de délabrement inquiétant, suite à l’émigration de nombreuses familles. Nous terminons à pied tout en haut de la colline jusqu’à l’église orthodoxe du monastère de la Panagia. Elle possède de très belles fresques à moitié effacées.


La « riviera albanaise » est magnifique, mais elle est malheureusement en proie au bétonnage et à la pollution de ses eaux.
Nous nous garons au bord de la baie de Porto Palermo. Cette splendide baie est un espace complètement préservé. Nous mangeons dans le Ducato. 
Sur une petite presqu’île au centre de la baie se dresse la forteresse d’Ali Pacha, attribuée à ce héros local du début du XIXe siècle. L’histoire a sans doute été réécrite pendant la période communiste, car il s’agit vraisemblablement d’une forteresse vénitienne. Nous nous y rendons à pied, mais à cette heure-ci elle est fermée.


Retournant vers Himara où nous étions passés en fin de matinée, nous nous installons au camping Kranea, directement sur la plage, que le patron nous avait conseillé à Tirana. C’est un petit camping rudimentaire avec de bons emplacements sous les oliviers et des équipements corrects.
C’est pendant la nuit qu’un orage éclate.

Dimanche 18 septembre 2016

 La route qui se dirige vers Sarandë est une petite route de montagne très sinueuse et en mauvais état par endroit.


L’orage de la nuit n’a pas arrangé les choses.


Chiens errants, vaches et cochons déambulent sur la chaussée. 


Et le temps ne s’arrange pas. Brumes et nuages noirs vont bientôt entraîner de la pluie.
A Sarandë, on se gare pour faire quelques achats. De l’ouzo grec. On en trouve facilement dans les magasins du sud de l’Albanie, vu la proximité de la Grèce. Et deux bouteilles de rakiC’est l’un des alcools les plus consommés du pays, généralement distillé à partir de jus de raisin. Cette eau-de-vie se boit en apéritif, en digestif et parfois même le matin avec le café !
Peu après la ville, on pénètre dans le parc national de Butrint, à l’extrême sud du pays. La route s’insinue dans un isthme entre la mer Ionienne et le lac de Butrint, en face de l’île grecque de Corfou. Sa cité antique et sa situation naturelle exceptionnelle lui ont valu d’être classé au Patrimoine mondial de l’Unesco dès la chute du régime communiste. Classée Zone humide d’importance internationale en 2003, c’est une zone marécageuse connue pour abriter un grand nombre d’espèces menacées.
Un peu avant le site antique, nous faisons halte sur une plate-forme pour midi. Avec mes jumelles, j’observe un groupe de spatules blanches (Platalea leucorodia) au loin sur le marais. 

















L’après-midi, nous visitons le site archéologique de Butrint.
Occupée de manière permanente dès le Xe siècle avant JC, la ville fut tour à tour occupée par les Grecs, les Romains, les Byzantins et les Vénitiens. En 1573, à la suite d’une nouvelle guerre entre Vénitiens et Ottomans, la ville est complètement dévastée et définitivement abandonnée. En 1797, après la prise de Venise par Bonaparte, la région passera sous contrôle français. En 1799, Ali Pacha s’empare de Butrint qui passe sous domination ottomane jusqu’à l’indépendance de l’Albanie.
Nous parcourons le site. C’est un des plus beaux sites archéologiques des Balkans. Il est constitué d’une péninsule dominée par une colline. Pour l’Unesco, c’est un « microcosme de l’histoire de la Méditerranée ». C’est un véritable enchantement. La nature luxuriante se mêle aux riches vestiges grecs, romains, byzantins et vénitiens.
Malheureusement, c’est dimanche et il y a beaucoup de monde. Les cars de voyages organisés déversent leurs cargaisons de touristes. Nous fuyons les groupes, ce qui est quand même assez facile vu l’étendue du site.
La partie basse de la ville est envahie par les eaux. Le sentier boisé nous mène au travers de ce concentré d’histoire : tour vénitienne, temple, agora, théâtre, vestiges de maisons d’habitation, thermes, baptistère, fontaine publique, église byzantine, fortifications grecques et romaines, etc.




Le sentier suit la côte nord-ouest de la péninsule.


Il parvient à la porte du Lion qui faisait partie des fortifications grecques. De là, on grimpe vers l’ancienne ville haute ou Acropole. Il ne subsiste quasiment rien des anciennes fortifications et bâtiments de l’Antiquité. Par contre un fort vénitien abrite le petit musée de Butrint. Sur la terrasse, on bénéficie d’un beau panorama sur l’embouchure du canal et l’île de Corfou.

On quitte le site pour repartir vers Ksamil, à 4 km au nord. Vers 15h30, nous trouvons un petit camping qui nous avait aussi été indiqué. C’est un espace resserré  où nous n’avons guère le choix d’un emplacement. On est garé tout à côté d’un Allemand qui ne se gène pas pour faire profiter ses voisins d’un reportage sportif qu’il suit à la télévision de son camping-car. Heureusement, ça ne dure pas. 
En guise de bienvenue, la patronne nous apporte une petite assiette de bonbons. Je fais une balade dans les environs avant de rentrer boire l’apéro dans le Ducato. On n’a pas sorti la table de camping ! Le pastis, c’est fini. Ce soir, c’est de l’ouzo. 
Les sanitaires sont très propres, à l’image de tous ces nouveaux campings qui s’installent. En comparaison, on se souvient des campings délabrés de Roumanie, de Serbie ou de Macédoine, lors de nos précédents voyages ! 
Il va de nouveau y avoir de l’orage cette nuit…

Lundi 19 septembre 2016

Après être repassés à Sarandë, nous empruntons la route qui se dirige vers Gjirokastër. Nous faisons un détour vers Syri i Kaltër, la source de l’Œil bleu. C’est une source souterraine située dans un site naturel ombragé. L’eau qui remonte génère à la surface un effet bleu-vert éclatant. Autrefois cette zone était réservée à l’élite du Parti communiste qui venait y chasser et pêcher.




La route montagneuse atteint la vallée centrale du Drin. Offrant de vastes panoramas, c’est un long couloir cerné de montagnes abruptes. Ce fut un lieu de passage obligé pour les grandes tribus de l’Epire, les Illyriens, les Grecs, les Romains, les Byzantins  et les Ottomans.
La frontière grecque est toute proche, à 10km de là. Nous sommes frappés par les similitudes avec l’Epire du Sud, en Grèce. Mêmes paysages, mêmes aspects des villages, mêmes cuisines… La plupart des habitants comprennent voire parlent le grec. Mais la question identitaire est ici très sensible. La preuve en est, les panneaux routiers en grec sont presque systématiquement vandalisés à grands coups de peinture. C’est la manifestation d’un nationalisme albanais exacerbé. Le découpage de la frontière a fait longtemps l’objet de litiges entre les deux pays, occasionnant des souvenirs très douloureux. Néanmoins, les Epirotes du Sud et du Nord se côtoient de plus en plus depuis la fin du régime communiste. Il n’est que de voir le nombre de voitures avec la plaque « GR » que l’on rencontre. 

Remontant la vallée du Drin, nous arrivons à Gjirokastër vers 11h30. Une pluie violente nous surprend à l’entrée de la ville. Nous stationnons sur un parking, attendant la fin de l’averse.  
Gjirokastër est une magnifique ville ottomane préservée et classée Patrimoine mondial de l’Unesco, « la plus belle ville d’Albanie », dit le Petit Futé.
Fondée par une tribu grecque vers le IVe siècle avant JC, elle fut fortifiée par les Romains et surtout les Byzantins. Elle fut rattachée à l’Empire ottoman à partir de 1414. En 1814, elle passa sous le contrôle du bey ottoman Ali Pacha qui développa la ville. Lors de la guerre d’indépendance grecque, elle devint un important foyer de résistance à la domination ottomane. Elle est la ville natale d’Enver Hoxha et de l’écrivain francophile Ismail Kadare.
Après avoir garé la voiture, nous déambulons dans quelques ruelles de la vieille ville puis allons prendre un repas simple et bon marché dans un petit resto de la ville basse. 
Par la suite, nous parcourons la vieille ville. Maisons biscornues, ruelles pavées et escarpées. 


La population y réside toujours, et c’est ce qui en fait son charme. Depuis la place Çerçiz Topulli, on grimpe à pied vers le centre de la vieille ville avec ses boutiques de souvenir et d’artisanat.


Nous continuons jusqu’à la citadelle, érigée sur un éperon rocheux dominant la ville. Elle fut en majeure partie construite par les despotes de l’Epire à partir du XIIe siècle.
On pénètre sous des voûtes impressionnantes, on parcourt la Grande Allée qui servit jusqu’en 1990 de prison politique et qui abrite maintenant du matériel militaire et le musée de l’Armement.


Sur la terrasse enherbée, on remarque un mausolée bektashi. A son extrémité se dresse la tour de l’horloge.


Du haut des remparts, on jouit d’un superbe panorama sur la ville entière.


On retrouve le Ducato et vers 16h30, nous nous  installons dans un petit camping familial, en dehors de la ville, sur une route de campagne, suivant en cela les conseils du camping Tirana. Nous sommes au point le plus à l’est de notre voyage. La nuit tombe à 19h.

Mardi 20 septembre 2016

C’est notre dernière journée en Albanie. Il nous reste à remonter vers le nord pour rejoindre le port de Durrës. Nous roulons toute la matinée. La route est bonne, souvent à deux chaussées séparées.
Nous traversons Fier, Lushnjë pour atteindre vers midi Kavajë. Là, après avoir fait quelques courses, nous nous attablons à la terrasse d’une petite pizzeria. 
Nous rejoignons l’Adriatique et arrivons à Durrës, deuxième ville d’Albanie et premier port du pays.
Nous passons l’après-midi à nous reposer dans le Ducato sur une terrasse en surplomb de la mer, au nord de la ville. Attention, pollution ! Rejets chimiques, hydrocarbures et métaux lourds qui émanent du port et du terminal pétrolier. 
On fait un tour en voiture dans la ville. Pour passer le temps avant de rejoindre le port, on s’attable sur une terrasse de trottoir pour déguster une glace. Le soleil baisse ; des groupes d’étourneaux commencent à envahir les arbres de l’avenue pour y passer la nuit en dortoir. Cacophonie suraiguë qui enfle peu à peu… 

A partir de 19h, la nuit venue, nous attendons dans l’enceinte du port de Durrës notre embarquement. Ça va être long ! Un jeune, immatriculé en Grande-Bretagne, vient discuter avec nous. Il est albanais et vit en Angleterre. Il nous raconte que pour cela il a fait partie des migrants entassés dans le camp de Sangatte dans les années 2000.
Après les contrôles de police et de douane, on attend notre tour devant le ferry. On observe la curieuse manière d’embarquer  à reculons des énormes poids-lourds. Du jamais vu ! Entre-temps on mange dans le camping-car, ça fait passer le temps.
A 23h (avec une heure de retard, dû à un camion bloqué), le ferry quitte l’Albanie en direction de l’Italie. 
On part avec un seul regret : n’avoir pas pu nous rendre dans les zones du nord et de l’est les plus montagneuses, à cause de l’état des routes auxquelles notre Ducato n’est pas adapté. Par contre, les routes que nous avons parcourues n’étaient pas plus dangereuses que ce que nous avions connu en Roumanie lors de notre voyage de 2006.

Pendant la traversée, nous essayerons de dormir sur de dures banquettes en plastique. La nuit sera longue…

Mercredi 21 septembre 2016

… 8h : arrivée à Bari, en ITALIE.
Une heure d’attente dans le port pour passer la douane et les contrôles de police ! Impressionnant, le retour dans l’Union européenne : des militaires en armes sont en faction partout.
Nous traversons l’Italie du sud, de la mer Adriatique à la mer Tyrrhénienne, par les régions des Pouilles, de la Basilicate et de la Campanie.
Le réseau routier est bon, mais c’est le règne du n’importe quoi en ce qui concerne la manière de conduire des Italiens.
Nous atteignons dans la soirée la péninsule sorrentine, à l’est du golfe de Naples. De temps à autre, on aperçoit le Vésuve qui règne sur la région. Là, ça se complique !  Une circulation infernale, des embouteillages énormes et la conduite scabreuse des automobilistes, les scooters et motos qui débouchent de partout et slaloment au travers des files de voitures. Il faut vraiment avoir les nerfs solides.
Nous parvenons tout de même à atteindre sans casse Sorrento. La ville se dresse sur une longue falaise surplombant les flots face à l’île de Capri. Nous parvenons pour 19h dans un camping à flanc de montagne, à la sortie de la ville : emplacements en terrasse ombragés par des oliviers et des citronniers. Mais nous n’en profitons guère, car la nuit va tomber.

Jeudi 22 septembre 2016

Dans la matinée, nous repartons par la même route jusqu’à Pompéi. J’étais inquiet (avec raison), mais il n’y avait pas d’autre possibilité. Le contournement de la péninsule par la côte amalfitaine serait encore pire (d’après le Guide du Routard). Nous parcourons 26 km en 2h tout de même ; mais c’est plus facile qu’hier soir !

Arrivés à Pompéi, nous nous installons au camping Zeus idéalement situé à l’entrée du site archéologique. L’emplacement est ombragé par des pins et des orangers.
Pendant toute l’après-midi, nous allons visiter le site archéologique de la cité antique de Pompéi.
Le 24 août 79 après JC, la cité fut ensevelie sous les cendres du mont Somma  désormais éteint, dont le Vésuve, né de cette gigantesque éruption, a pris la place. Ce fut l’une des plus effroyables catastrophes de l’Antiquité. Mais ce fut aussi une « chance » archéologique. Ce « linceul de cendres » permit de conserver intacte une cité romaine pendant 17 siècles. Les fouilles commencèrent officiellement en 1748. Des trésors enfouis dorment encore dans le sous-sol de Pompéi qui n’a pas été entièrement fouillé. Un quart de la ville reste encore enseveli.
Par la porte Marine, on pénètre dans le site antique. 


On débouche sur une longue place rectangulaire, le forum qui était le centre de la vie religieuse, politique, économique et sociale de la cité.


Survient une averse soudaine. Tout le monde cherche un abri. Nous n’avons ni parapluie ni veste adéquate. On se réfugie sous une arche ainsi que beaucoup d’autres touristes. Bientôt, c’est par les pieds que nous sommes alertés. Un torrent s’est formé, et c’est justement là qu’il s’engouffre. Sauve qui peut ! On va essayer de trouver une autre anfractuosité. Heureusement, ça ne dure pas. Il faut profiter de cet intervalle pour avoir une image du forum débarrassé des touristes. Mais ça va être bref ! 


La « via dell’Abbondanza » était l’une des artères principales de Pompéi. On remarque des « passages cloutés », gros blocs de pierre qui permettaient aux piétons de traverser, notamment les jours de pluie lorsque l’eau dégringolait le long de la rue.


A côté des thermes, dans une ruelle… forcément discrète, on peut visiter le Lupanare. C’est une maison close découverte en parfait état, avec des chambres ornées de peintures érotiques très fines. Il y a un monde fou, on se demande pourquoi ! Nous y reviendrons plus tard, au calme, lorsque les groupes seront partis.

















L’amphithéâtre, un des plus vieux encore debout à ce jour, est remarquablement conservé.


Juste à côté, la « Palestra grande » est un immense gymnase avec en son centre les vestiges d’une piscine.
Nous parcourons les rues, de maison en maison, découvrant ça et là des merveilles : fresques, frises, cours intérieures, vestibules, péristyles, atriums, jardins, tous témoignages inestimables de la vie quotidienne d’une ville romaine…






Et puis aussi la vision bouleversante des habitants surpris par la pluie de cendre qui suivit l’éruption. Vers 1860, le directeur des fouilles à Pompéi, Giuseppe Fiorelli, mit au point une ingénieuse méthode de moulage permettant de "visualiser" les corps organiques emprisonnés dans les coulées de l’éruption. En versant du plâtre liquide dans les espaces vides laissés dans les couches de pierre ponce et cendres compactées, des corps d’humains et d’animaux, emprisonnés jadis dans cette gangue et décomposés au cours du temps, apparaissent dans l’attitude qui fut la leur au moment où la mort les a surpris.
Il subsiste des moulages de corps enfouis par les cendres et les coulées : un chien dans ses dernières convulsions, des personnes tordues de douleur, une femme surprise alors qu’elle se faisait masser.



Quelques squelettes sont aussi visibles sous une chasse.


Beaucoup de Pompéiens sont partis au début de l’éruption. Sur les 20 000 habitants de la cité, 1044 corps ont été déterrés au cours des fouilles. La majorité des corps ont été retrouvés bien au-dessus de la couche de cendres. La mort aurait été provoquée par l’apparition de coulées appelées nuées ardentes, provoquées par l’effondrement du cratère. « Le vent devient brûlant et l’air irrespirable, la température dépasse alors les 100 degrés. Les corps retrouvés ont la bouche ouverte, ayant happé l’air brûlant et saturé de gaz toxiques dans une dernière contorsion. » (GdR). 
Le soleil baisse, les groupes sont partis. 


On quitte le site pour rejoindre le camping Zeus.
Ce soir, nous irons manger dans un restaurant à quelques centaines de mètres de l’entrée du camping : spaghettis à la carbonara pour moi et salade pour Viviane.

Vendredi 23 septembre 2016

Ce matin, repos. Nous passons tranquillement la matinée sur place. 
A 14h30, nous prenons un bus à l’entrée du camping qui effectue la navette jusqu’au Vésuve.
Dès les derniers faubourgs de la ville moderne de Pompéi, le bus grimpe sur les flancs du volcan par une route étroite et sinueuse où toutes les voitures qui descendent doivent se garer pour le laisser passer. Les flancs de la montagne sont couverts de coulées de lave mais généralement densément boisés, avec des broussailles en haute altitude et des vignobles à basse altitude. 
Le bus atteint un parking public à 1000 mètres de hauteur. L’ascension se poursuit à pied. Il faut à nouveau payer 10 euros par personne pour avoir le droit de passer. Le sentier d’accès au cratère est pentu : 280 mètres de dénivelé. Le chemin est nu, tapissé de petites pierres de lave. Les pentes du volcan sont quant à elles classées parc naturel et sont très fertiles.  On y dénombre plus de 900 espèces de plantes qui ont peu à peu remplacé les vignobles d’origine. Actuellement, les coulées de lave de la dernière éruption datant de 1944 sont bien visibles car elles n'ont pas encore été recouvertes par la végétation.


Nous atteignons le cratère du volcan. Le Vésuve, haut de 1281 m, s’est rendu célèbre par les éruptions meurtrières qu’il a produites au cours de son histoire. La plus dévastatrice, issue du mont Somma, fut celle d’août 79 qui anéantit la ville de Pompéi. La dernière la plus meurtrière, en 1631, fit plusieurs milliers de morts. Le volcan est endormi mais toujours vivant aujourd’hui. Entre 1660 et 1929, il a produit dix-huit éruptions avec jets de cendres et coulées de lave. Les habitants, en dépit des dangers d’un tel voisinage, sont restés sur place. La dernière éruption eut lieu en mars 1944.
Vue plongeante impressionnante sur le cratère.


Quelques fumerolles rappellent que le Vésuve n’est pas mort.



Panorama formidable sur la baie de Naples en contrebas.


Selon les scientifiques, Naples est construite sur une chambre magmatique d'environ 400 km2, dont l'explosion serait catastrophique. Scénario de film d’apocalypse : la ville et son agglomération comportent une population de 4 millions d'habitants, parmi lesquels 600 000 personnes vivent en zone rouge directement au pied du volcan.
Nous rejoignons le parking où nous attend le bus. Trajet en sens inverse, à grand renfort de klaxon italien à répétition dans la descente. Nous sommes perplexes devant la dextérité du chauffeur qui pourtant n’arrête pas de discuter, de téléphoner, avec de temps en temps les mains sur le volant !
Nous sommes de retour pour 18h au camping. 

Samedi 24 septembre 2016

A l’entrée du camping se trouve la gare. Nous prenons un train dans la matinée pour Ercolano (Herculanum)
Autrefois située au bord de la mer, avant l’éruption du Vésuve en 79, cette grosse bourgade de 4000 habitants était une station balnéaire pour les Campaniens et les Romains aisés.
Nous visitons le site archéologique d’Herculanum. A la différence de Pompéi, l’ensemble de la zone de fouilles est circonscrit dans une cuvette largement en dessous de la ville moderne. Il faut savoir que les trois quarts du site sont encore enterrés.



On se laisse aller à flâner au hasard des ruelles pavées. 


En août 79, Pompéi avait disparu sous un linceul de cendres. Plus proche de la coulée du Vésuve, Herculanum fut engloutie par une coulée de lave de 12 à 20 mètres d’épaisseur. En séchant, cette boue volcanique forma une carapace si solide qu’elle protégea les édifices des infiltrations d’eau, mais aussi des pillages.
Parfaitement préservées, on  trouve encore des maisons d’habitation à étage.


 De nombreuses fresques et mosaïques sont dans un état exceptionnel de conservation.




Au hasard, on y trouve un « thermopolium », troquet de l’époque, avec ses jarres de victuailles incrustées à même le comptoir. 


Egalement une boulangerie avec le four et la meule à grains actionnée par un âne. 
On passe devant une boutique incroyablement bien conservée où sont entreposées les amphores à vin, avec ses ustensiles, ses étagères en bois.

















Dans les abris entreposant les bateaux, 150 squelettes ont été découverts dans les années 1980, prouvant que tous les habitants n’avaient pas eu le temps de fuir. Bon nombre d’entre eux ont dû être surpris par la boue aux portes de la ville.


Quittant l’enceinte du site antique, nous remontons l’avenue qui mène à la gare. A midi, nous mangeons sur la petite terrasse de la pizzeria « Luna Caprese » indiquée par le Routard. Excellentes pizze larges et fondantes.
Par la suite, nous visitons le musée archéologique virtuel, en ville, merveille d’interactivité et de technologie numérique.
On reprend le train et l’on rentre vers 15h au camping.

Dimanche 25 septembre 2016

Aujourd’hui, on va rouler : trajet vers le nord de l’Italie sur les routes du Latium et de l’Ombrie, de 8h30 à 18h30.
On longe d’abord la mer Tyrrhénienne jusqu’à proximité de Rome. Sur le trajet, alors que nous sommes arrêtés pour faire le point, sur une route à grande circulation, une voiture banalisée nous fait signe de ne pas repartir. Un type en costume noir et cravate en sort, exhibe une carte de police, nous demande nos papiers, exige que nous lui présentions l’argent liquide que nous possédons. Avec sa tête de maffieux napolitain, j’ai un instant de doute : et s’il allait partir avec nos billets ? Je redemande à voir sa carte… C’est bon, on peut repartir. Il nous explique que des Français écoulent de faux billets dans la région. 
On contourne la capitale sans s’y arrêter, car nous l’avons déjà visitée en 1998.
Nous nous dirigeons maintenant vers le centre du pays, dans les Apennins. L’Ombrie, cœur vert de l’Italie, terre plantée de vignes et d’oliveraies, présente des paysages variés et doux.

Nous faisons halte dans un camping à l’entrée d’Assise. La ville est située sur les contreforts du mont Subasio, aménagés en terrasses. 

Lundi 26 septembre 2016

A 9h30, nous montons dans un minibus du camping qui fait la navette jusqu’à Assisi (Assise).
Merveilleuse ville qui n’a pas changé depuis le Moyen Age, avec ses belles églises et son château. C’est la ville de saint François d’Assise. Les touristes changent un peu de ceux de Venise ou de Florence. Ce sont souvent des pèlerins. Mais en haute saison, c’est l’overdose touristique. Ce matin, ça va, les touristes ne sont pas encore dans les rues.


On commence notre visite de la ville par la basilique San Francesco, composée de deux églises superposées construites l’une après l’autre.


Dans l’église inférieure, on découvre de superbes fresques sur la voûte du maître-autel, attribuées à Giotto et Cimabue
Il est interdit de prendre des photos. Je respecte cette interdiction, Viviane pas trop…



On descend à la crypte, où reposent les restes de saint François. A l’étage, un harmonieux cloître permet l’entrée dans l’église supérieure. 


La nef gothique de l’église est entièrement recouverte de fresques qui marquent l’hégémonie artistique de Giotto. 
Il est temps de quitter le lieu : les groupes de voyages organisés commencent à envahir la basilique.
Nous remontons la via San Francesco bordée d’anciennes maisons médiévales fleuries, arpentons les ruelles et venelles de la ville.



Nous gagnons la piazza del Comune bordée par le temple romain de Minerve transformé en église.


Vers midi, nous faisons halte dans un restaurant : bonne cuisine locale et vin de l’Ombrie…
Ensuite nous arpentons d’autres ruelles, visitons la cathédrale San Rufino, l’église Santa Chiara.




Nous montons au château « Rocca Maggiore », au sommet de la colline, forteresse édifiée au XIVe siècle. Beau panorama sur Assise et la campagne ombrienne.
Nous retraversons la ville par la via San Francesco où, spectacle habituel, prêtres et bonnes sœurs se mêlent à la foule des touristes.


A 16h, on attend le minibus du camping, là où il nous a laissés ce matin. Trop de clients ! Le chauffeur va devoir faire un aller-retour supplémentaire. 
Nous passons la fin de l’après-midi au camping.

Mardi 27 septembre 2016

Aujourd’hui, on reprend la route. Trajet à travers la Toscane jusqu’à Pise où nous rejoignons la côte ligurienne. On va suivre le bord de mer, bétonné, jusqu’à La Spezia, en Ligurie. 
Dans la soirée, nous cherchons un camping pour la nuit. D’abord à Lerici, mais nous ne retrouverons pas le camping où nous avions passé une nuit en 1981 avec nos trois enfants. Nous nous dirigeons vers le parc national des Cinque Terre, petite région superbe à l’ouest de La Spezia, avec des villages accrochés aux rochers qui descendent vers la mer.
Le parc national des Cinque Terre est le plus petit des parcs nationaux italiens. Il est aussi le plus anthropisé. Aujourd’hui, l’action de l’homme la plus visible est la conservation d‘un paysage en terrasses soutenues par des murs en pierre sèche : les collines du parc avec ses terrasses séculaires de pierre sèche plongent à pic dans l’azur de la Méditerranée en créant un panorama unique. Dès le début de sa création, le parc adopte une politique d’intervention basée sur le modèle de l’écotourisme.
Nous nous avisons de suivre un gros camping-car allemand qui semble savoir où il va. Las ! Il doit faire comme nous, c’est-à-dire chercher. Bientôt la route se rétrécit, devient interdite aux camping-cars sauf autorisation. Oui, mais… il n’y a pas d’autre échappatoire, sinon retourner d’où l’on provient. Et la nuit qui ne va pas tarder !
L’Allemand s’engage, nous le suivons. La route, sinueuse, devient de plus en plus étroite. Les virages en épingle à cheveux m’inquiètent, car le camping-car allemand éprouve beaucoup de difficultés à les négocier. Aïe, aïe, aïe ! Il va rester coincé ! Non, il s’en sort.  Sa femme sort pour le guider. Et cela par trois fois. Derrière nous quelques voitures patientent.
La nuit est maintenant tombée. On retrouve une route plus large et surtout des panneaux de direction. Ça va mieux ! Finalement, nous atteignons Levanto, petite bourgade en bord de mer. A l’entrée, l’indication du camping San Michele… Ouf ! On s’engouffre dans le petit chemin qui y mène ; l’Allemand, lui, continue sa route. A la réception, un couple de Français me demande si ça va mieux. Ils étaient derrière nous tout à l’heure lors des manœuvres périlleuses de l’Allemand.
Nous nous installons de nuit vers 20h sur un petit espace en terrasse. 

Mercredi 28 septembre 2016

Quittant le camping, nous traversons le parc des Cinque Terre et rejoignons l’autoroute.
Il n’est pas question de suivre la route de la côte ligurienne, éternellement encombrée par la circulation. Nous empruntons l’autoroute, suite ininterrompue de tunnels et de viaducs. On contourne Genova (Gêne), et l’on atteint la frontière de Ventimiglia (Vintimille). 

Nous entrons en France. Nous traversons Menton, nous dirigeons vers La Turbie et mangeons dans le fourgon au bord de la route à la sortie d’Eze, surplombant la Méditerranée. A part un panorama exceptionnel, cette région n’a rien d’attirant. Elle pue le fric de tous ses pores. Prix exorbitants pour le moindre stationnement. 
Toutefois, nous descendons vers la principauté de Monaco. Pourquoi ?  Parce que j’avais envie de revoir le musée océanographique que j’avais déjà visité en 1968 (avec mon oncle François) et en 1981.
Oui, mais… nous parcourons en long et en large la principauté. Impossible de se garer. Il n’y a pas de parkings pour les camping-cars, et certaines rues leur sont carrément interdites, notamment la route qui mène au Rocher. D’ailleurs nous n’en voyons aucun…
Nous ne sommes pas le genre de touristes désirés. Les palaces de Monte-Carlo attendent mieux !
Après ces essais infructueux, nous fuyons en nous promettant de ne jamais y revenir. Nous continuons notre route en France, dans les Alpes-Maritimes.
A 18h, nous recherchons un camping conseillé par le Routard. Bien nous en prend !  C’est un camping naturel situé à Roquestéron, dans la vallée de l’Estéron. Tout à fait le genre de camping que l’on aime. En pleine nature, au bord de l’eau…



Jeudi 29septembre 2016

Nous faisons route vers les Hautes-Alpes et arrivons à Embrun, chez  mon oncle François et ma tante Bernadette, dans l’après-midi.

Nous serons de retour à Saint-Apollinaire-de-Rias, demain vers 17h, après 5000 km de voyage.


*****

Ici se termine provisoirement cette série de carnets. J'en reprendrai le cours à l'occasion d'un prochain voyage.

Jean-Marie Mengin.




1 commentaire:

  1. Par delà les traces et découvertes de diverses époques historiques dont les moins anciennes ne sont pas les plus faciles à appréhender, cette beauté des paysages et ces visions saisissantes et inédites des effets du volcanisme sur la vie humaine qu'il dévoile à travers siècles et millénaires... Les bouleversements climatiques en cours et à venir, les imminentes migrations climatiques, laisseront-ils des traces de la vie actuelle et y aura-t-il quelqu'un, dans un ou deux millénaires qui puisse les décrypter? Sous forme, entre autres (?) d'une survie numérique de ces blogs/témoins de Jean-Marie? Une dimension mémorielle et muséale à analyser... Où la marche permet de voir mais, ainsi réinvestie donne à voir...

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